Enfants de la conquête, T. 2

Celia S. FRIEDMAN

L'Atalante, 2011
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Surgers



Azéa et braxi ont engagé le fer une ultime fois : la télépathie d'Anza lyu Mitethe lui confère un avantage décisif à la tête du Conquérant, le croiseur à l'équipage le plus impitoyable de toute la flotte impériale. Zatar a beau être un stratège de génie, avoir un esprit retors brillant et prévoir tellement de coups à l'avance qu'il en devient illisible, le peu d'effectifs des siens amoindris par la sélection drastique de la perfection braxana et les coups d'une peste pernicieuse les rend trop fragiles face à la percée de la redoutable vengeresse aux cheveux de sang. C'est sans compter sur la politique pacifiste de la tontine humano-alien à la tête de l'empire azéen. Le kairt'h liant Zatar et Anza lyu va-t-il se résoudre dans le sang ainsi que le veut la tradition, ou bien se déliter dans le néant interstellaire qui les sépare ? Bientôt, un mystérieux tableau va tout remettre en question et la glorieuse stellocommandante saura enfin d'où elle vient, ce qu'elle est, ce qu'il lui faudra devenir...

Ce deuxième volet s'éparpille un peu plus que le précédent. L'auteur a certes deux personnages fétiches mais a choisi une narration multifocale qui nuit un peu à l'ensemble pour cet opus-ci. Dans le premier tome c'était anecdotique et plaisant à la fois d'avoir en quelques occasions une péripétie externe qui apportait un éclairage différent à l'ensemble. Là, les points de vue sont à la fois trop nombreux et trop exploités. Ruptures de rythme et abondance de personnages secondaires floutent l'action et offrent plus de digressions que de véritables éclaircissements. L'ensemble s'en trouve un peu amoindri et on quitte ce deuxième tome en se disant finalement qu'on ne s'est pas ennuyé, mais pas vraiment diverti plus que ça. C'est aisément oubliable. On peut penser que l'auteur s'est laissé la possibilité d'y ajouter une suite. Je ne suis pas sûre pour ma part que je m'aventurerais à la lire. C'est dommage, il y avait de bonnes idées, mais pas très bien exploitées. Ecrire un space opéra lyrique et flamboyant comme Herbert ou bien humaniste et philosophique comme Asimov n'est décidement pas à la portée de tout le monde.

Marion Godefroid-Richert

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