Une maison de Frank L. Wright

COSEY

Dupuis, 2003



Quatre histoires d'amour.
  1. "Une petite tulipe rose" : Un jour qu'il se rend en ville, Lambert, pensionnaire à l'Hospice des vieux, rencontre une dame de sa génération en qui il reconnaît un amour de jeunesse. Mais, sa mémoire lui jouant des tours, impossible de se rappeler son nom ! Les anciens amants devenus vieux se retrouvent...
  2. "Une maison de Frank L. Wright" : Buzzy Zyman, étudiant en Lettres à l'université de Grennfields, vient faire une enquête dans la fameuse maison de l'architecte où vit l'écrivain H.H. Asaltydog, auteur de "Wedding", dont il tombe amoureux...
  3. "Only love can break a heart" : Chuck fait la connaissance de Lily, la grand-mère d'un de ses copains. Cette dernière qui s'est retrouvée veuve très jeune lui raconte son histoire d'amour passée. Chacun évoque sa philosophie de la vie et de la mort en cheminant vers le lac...
  4. "Sur l'île" : Suite à la disparition de son oncle, un homme se rend sur une île afin d'y régler toutes les formalités funéraires. Trois heures avant de regagner le continent, il se remémore des souvenirs vieux de vingt-cinq ans, ceux de ses escapades en compagnie d'une adolescente, sa complice de jeux d'alors, le vol des voitures, la plongée dans la bibliothèque - pleine de bandes dessinées - de la Maison Hantée... et l'accident qui mit un terme à l'aventure...
Variations bourrées de tendresse, de douceur, de sérénité, de charme, de mélancolie, de nostalgie, mais aussi d'espoir et de générosité, sur le thème de l'amour partagé, déclinées au fil des quatre saisons et aux différents âges de la vie. Romantiques à souhait, ces histoires qui jamais ne sont tristes racontent la vie qui passe, les amours de jeunesse retrouvés, les rendez-vous manqués, l'absence de l'être aimé... Ce sont là des histoires simples et qui finissent bien. Pas de mise en scène grandiloquente, pas d'effets ni de pathos. Mais beaucoup de poésie, d'humanité, de profondeur, beaucoup de retenue, de délicatesse, de subtilité, de sobriété, de pudeur, de sensibilité et l'émotion jaillit, superbe et sublimée, au fil des pages. Le ton est tellement juste que chacune de ces histoires touchantes en devient inoubliable. Cosey est sans conteste un véritable conteur. Il est même plus que cela ! Côté dessin, rien à redire non plus ! Pas la moindre fausse note ! C'est tout simplement beau, on ne peut qu'admirer le travail talentueux du dessinateur et se laisser prendre à la magie de ses images ! Tant dans le traitement des personnages que dans celui des décors, urbains et naturels, le graphisme réaliste simple, frisant l'épure, de Cosey et la mise en couleur directe, claire, douce et soignée, font une nouvelle fois merveille et servent admirablement le propos.

Un album magnifique ! Magistral ! Incontournable...

MGRB

partager sur facebook :