Belle

Robin MCKINLEY

Mnémos, 2011



Son prénom fut Honneur, mais elle préféra Belle. Cadette d'une fratrie de trois filles, elle est "petite, maladroite, ayant de trop grandes mains, de trop grands pieds". Aux lumières de la ville, elle préféra les livres, et voulut se préparer à l'université. Le destin en a décidé autrement. Son père, négociant, perd sa flotille. Sa famille trouve refuge à la campagne où les travaux manuels l'attendent. Mais ce n'est pas fini pour Belle. En échange d'une rose qu'elle a demandé, elle doit séjourner au chateau de la Bête. Ceci est son histoire.

Lire une adaptation de La Belle et la Bête n'est pas chose aisée. Surtout quand la première lecture date de l'album illustré par Marcel Marlier (1973). Après des lectures extérieures de ce conte (l'album nommé ci-dessus, et le récit de Madame de Beaumont), je suis agréablement surpris de cette adaptation. Tout d'abord, j'ai cru que rien, ou presque, n'avait été changé. En fait, si ! Les caractères des personnages ont évolué. Les soeurs de Belle ne sont plus acariâtres, et le personnage principal n'est plus "cette cadette, qui était plus belle que ses soeurs, était aussi meilleure qu'elles". Belle n'est plus si parfaite. Jeune femme moderne (elle veut aller à l'université, elle aide à la forge), elle est têtue (les diverses séances d'habillage), mais elle a bon fond. Toutes ces qualités, ces défauts permettent de construire un personnage, qui a plus de présence que la Belle du premier conte. La Bête devient plus sauvage. On apprend ses origines, ou sa façon "d'évoluer" en tant qu'ensorcelé. Lui aussi a un personnage plus épais. La malédiction qui touche la Bête est augmentée : on apprend que les bêtes ne peuvent y entrer ; on apprend aussi que la bibliothèque permet de lire des oeuvres futures (Rudyard Kipling). Des personnages secondaires se sont rajoutés à l'intrigue principale. Si l'intrigue reste la même, les stéréotypes disparaissent.


 Robin McKinley a écrit cette adaptation en 1978. Près de trente ans après, ce conte de fées n'a rien perdu de sa force. Les personnages ont acquis une vigueur qui les rend humains. Le conte de Madame de Beaumont est lui aussi une adaptation, Robin McKinley en fait une relecture moderne qui, narrée par le personnage principal, apporte un intérêt supplémentaire. Belle est un merveilleux roman d'amour et de quête de soi.

Temps de livres

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