Icares 2004

ANTHOLOGIE, Richard COMBALLOT

Mnémos, 2003



Une paire de gants aux inquiétants pouvoirs, un étrange voyage dans la littérature, l'Apocalypse selon les animaux, une enquête policière et psychanalytique entre synapses et barrettes de mémoire, le destin exceptionnel du plus grand nanar de l'histoire, la revanche des clones, la génétique au secours d'une colonisation ratée, une aventure onirique et héroïque, l'enfer d'une guerre infinie où le contrôle du temps est mis au service de l'oppression, des rencontres du troisième type dans un champ, le monde étrange des âmes en attente d'une réincarnation, l'acte ultime du dernier homme, les leçons d'écologie d'une civilisation terroriste...

Le moins que l'on puisse dire à la lecture de ces dix-neuf nouvelles, c'est qu'il y en a pour tous les goûts : de l'heroic fantasy, de la hard science, du cyberpunk, du fantastique... tout y est ! Or, si les genres sont différents, les styles des auteurs ne le sont pas moins, toutes les générations étant représentées, tous les niveaux de notoriété aussi. Et c'est là tout l'intérêt de ce recueil, de faire se côtoyer des auteurs qui n'ont en commun que ce goût pour l'imaginaire et un talent certain pour nous le transmettre. Autoproclamée recueil des "meilleurs récits de l'année", cette anthologie rassemble effectivement de nombreuses perles mais, ces nouvelles ayant été recueillies tous azimuts, il faudra faire preuve d'un éclectisme sans borne pour les apprécier toutes. Néanmoins, ce manque d'homogénéité peut certainement représenter un atout pour ce recueil qui permettra au lecteur de découvrir de nombreux genres et auteurs qu'il n'aurait peut-être jamais abordés autrement. Une mention particulière pour Catherine Dufour qui, signant l'une des meilleures nouvelles de cette anthologie, offre à notre réflexion quelques tirades bien senties, telles la suivante : "Que chaque génération invente une nouvelle connerie, ça n'a rien d'étonnant [... ]. Faut bien s'occuper. Par contre, qu'il y ait toujours une face d'huître pour appeler la malédiction divine sur la techno de papa après la minijupe de grand-mère et le jazz du trisaïeul, et maintenant sur les logiciels OwnDream, sans que jamais ne l'effleure le soupçon qu'il aura l'air d'une andouille à la face de l'Histoire, ça, j'aimerais bien qu'on m'explique." [p. 82]

Dix-neuf voyages vers des mondes imaginaires pour nous évader du nôtre, le tout en un seul volume, ça ne se refuse pas et c'est à déguster petit à petit, comme autant de friandises !

MGRB

partager sur facebook :