L'Apocalypse selon saint Jacky

Manu LARCENET

Dargaud, 2011



Polza "a fait du mal" à Carole Oudinot. Il est interrogé au commissariat. Il continue à raconter les circonstances qui l'ont amené à cet acte.

Polza c'est un gars balaise : dans les 150 kilos, quand même ! Pas genre Apollon non plus, avec un grand blaze et pas un poil sur le caillou : comme moi (pour les cheveux, pas le blaze !). Seule façon pour les flics qui l'interrogent de comprendre son geste : le laisser parler. Alors, Polza, il se raconte : son été dans la forêt avec de l'alcool, beaucoup d'alcool. Un état qui n'est pas subi mais plutôt une libération : "c'est le seul moyen de se connaître sans se faire peur". Le plus bel été de la vie de Polza, comme il l'avoue, et durant lequel il se découvre enfin. Mais aussi, quand la bise fut venue, son retour à la civilisation et sa rencontre avec Jacky Jourdain, saint Jacky, le sauveur des âmes du coin, mais qui deale et qui tue aussi...

Blast, ca veut dire pas mal de choses : du titre de différents films à un programme informatique permettant de trouver les régions similaires entre deux ou plusieurs séquences de nucléotides ou d'acides aminés. Vous pigez que dalle ? regardez  . Dans la BD de Larcenet, c'est un genre de transe qui donne de la couleur aux cases de l'album. L'accès à des choses invisibles.

Le personnage de Polza est tout de même étonnant : monstre par son agression sur Carole Oudinot mais en même temps de plus en plus attachant au fur et à mesure qu'il se raconte aux policiers. Les situations sont très contrastées : entre le meurtre et les échanges littéraires hivernaux des deux compères dans lesquels on cause de Monet, tout de même, il y a un large fossé ! L'amitié et le meurtre se côtoient dans cette histoire. Bref, le scénario est complexe et on se prend à s'attacher à Polza, malgré ses gestes. Le dessin est noir et sombre, parsemé de quelques pages de couleurs lorsque Polza vire au Blast.

Un album intéressant.

Marc Suquet

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