2620

Jack NARVAL

Pavillon noir, 2010



Pourquoi? juste avant l'explosion de la maison de Jane, sa fille Julie a-t-elle été enlevée ? D'où vient ce camion qui fonce dans les personnes venues assister à un enterrement ? Quelle est donc la vraie nature de la société Prosper and Fiddle, dont le sérieux et la réputation dans le domaine de la fécondation artificielle ne sont plus à démontrer ?

Le titre est un tantinet trompeur : 2620 n'est en aucune façon une date faisant référence à un futur éloigné de... 609 années (j'ai pris ma calculette). Ca n'est donc pas un bouquin de SF mais plus classiquement, et comme le suggère la couverture tout de noire vêtue, un polar. D'ailleurs, le bouquin faisant partie de la collection "Pavillon noir", on aurait pu s'en douter.

La parution de ce polar coïncide avec le débat sur les lois de bio-éthique et sa mesure phare : la fin de l'anonymat des donneurs de gamètes. Un retour au titre, suggérant que certaines dérives sont plus proches que ce que l'on pense ? Quelques éléments égrenés le long du texte donnent également à penser que l'on se situe tout de même dans le futur : finies, les voitures à essence ; elles sont remplacées par des voitures électriques. Plus question de blouser les radars comme certains gros malins arrivent encore à le faire : ici, un champ électromagnétique coupe l'alimentation des voitures lorsque la vitesse est trop élevée à l'approche d'un passage pour piétons. Et oui, quand on veut, on peut !

Dans ce futur, c'est la société P et F, Prosper and Fiddle, qui attire l'attention. Une société qui a su capter le marché de la reproduction artificielle et sa classification à quatre niveaux : de la reproduction naturelle, un truc ringard qui ne se pratique plus vraiment et qui d'ailleurs est réservé aux populations les plus modestes (!), en passant par différents degrés de sophistication allant de l'implantation d'un ovule fécondé à la mise en place d'un utérus artificiel.

Comme l'auteur l'avoue lui même, c'est en bossant comme bouquiniste chez les Grands Bretons que Jack Narval s'est fait pecho par le polar. Son style est plutôt sympa : fluide, rythmé, agréable. On ne rentre pas ici dans des descriptions sans fin, mais l'évolution psy de certains persos (on pense à Claire face à M. Yves, qu'elle considère d'abord comme un kidnappeur d'enfants, pour finir par nouer avec lui des relations beaucoup plus amicales) illustre la capacité de l'auteur à décrire ces changements.

Un polar plutôt sympa et qui colle à l'actualité.

Marc Suquet

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