Fantastique, fantasy, science-fiction mondes imaginaires, étranges réalités

COLLECTIF

Autrement, 2005



Cet ouvrage est collectif, coordonné par deux des auteurs y ayant contribué. En une douzaine de chapitres les différents intervenants nous offrent un panorama conséquent des littératures qui tiennent à coeoeur à notre association. Bien sûr on n'apprend pas les mêmes choses sur tous les sujets abordés.

Certains ont du mal à sortir de l'énumération d'oe'oeuvres. Certes, faire des listes plus ou moins exhaustives est un effort méritoire et pas complètement dépourvu d'intérêt, si on veut se constituer une bonne base de références en tant qu'amateur. Mais on n'en retire pas vraiment une analyse fine...

D'autres se lancent de façon audacieuse : oserais-je dire que dans l'article sur le mythe du vampire je n'ai pas été tout à fait convaincue par le point de vue du démonstrateur ? Il y voit une fusion de trois personnages : Faust (pourquoi pas : le pacte avec le diable, chez les vampires ça peut se tenir), Don Juan (là d'accord : le parallèle avec l'indéniable appétit pour la chair fraîche, l'assimilation de la consommation de sang par morsure à une relation sexuelle paraissent pertinents) et enfin le Hollandais Volant (alors là par contre, un mythe qui a donné naissance aux contes des marins sur un vaisseau fantôme...). Enfin il y a des arguments auxquels on souscrit et d'autres non.

Très intéressant est par contre l'article sur l'uchronie, qui met en relief le côté philosophique et politologique de l'écriture sur les déviances historiques imaginaires. Celui sur Stephen King est plaisant, mais met peu en relief l'incroyable talent expérimental de l'auteur. Il sait pourtant à chaque fois changer la structure même de ses récits, tout en respectant toujours les mythes fondateurs de son style très personnel. Quant à l'article consacré à la scientifiction, il est tout à fait passionnant : il est assez merveilleux de voir a posteriori avec quelle foi quelques éditeurs audacieux se sont lancés pour produire les écritures de grands inconnus à l'époque, J. Verne et H.G. Wells, qui ont donné à la science-fiction ses lettres de noblesse d'aujourd'hui.

Enfin cet essai mérite d'être lu, tant il est vrai qu'il n'y a pas assez d'universitaires en France qui se penchent sur ces (nos) littératures et le véritable phénomène de société qu'elles représentent.

Marion Godefroid-Richert

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