La bouche qui mange ne parle pas

Janis OTSIEMI

Jigal, 2010
Coll. Polar



La vie de tous les jours pour plusieurs bandes de petits truands de quartier dans un Gabon pas forcement tendre avec ceux qui l'aiment malgré tout.

Entre deux séjours en prison, Solo et quelques débrouillards tentent de s'en sortir en faisant du petit trafic. Ils espèrent tous le gros coup. Celui qui les mettra a l'abri du besoin et de la police qui, de son côté, espère le même gros coup. Et c'est l'engrenage. Plus d'argent, plus de risque, plus de morts.

Plus qu'un polar, c'est une chronique d'un milieu et d'un pays rongés par le mal occidental. L'argent est le seul maître dans la vie de tous les protagonistes. Du plus petit vendeur de cannabis au plus grand homme de la république, chacun magouille sans se soucier des répercussions que cela peut avoir. L'écriture pleine de verve et d'expressions locales nécessite quelques pages d'adaptation. Puis c'est parti pour une lecture rapide et nerveuse. La tension s'installe dès le début. Elle grandit et s'immisce jusqu'au fond de votre fauteuil. Et c'est le lendemain devant la porte du frigidaire ouverte que vous pouvez commencer à la laisser retomber. Non, la police ne va pas venir vous taper dessus parce que vous n'avez pas voulu donner un petit pourboire. Non, les hommes politiques qui vous entourent ne cherchent pas a s'enrichir sur votre dos quitte a vous faire mourir a petit feu. C'est au Gabon et dans un livre que cela se passe.

Une vraiment bonne surprise que ce livre d'un auteur qui m'était inconnu mais que je vais essayer de suivre et de découvrir un peu plus.

Roland Drover

partager sur facebook :