Redemption factory

Sam MILLAR

Fayard, 2010
340 pages. 19 euros



Paul Goodman est engagé à l'abattoir d'une petite ville du nord de l'Irlande. Un monde noir où il entre après une initiation un peu tendue. Il tombe amoureux de Geordy, l'une des meilleures tueuses de l'abattoir et délaisse son pote, Lucky. Ce dernier est témoin d'un meurtre...

Ce bouquin c'est une vraie surprise : l'entrée dans un monde dur et noir. Le bizutage de Paul lors de son premier passage à l'abattoir est une scène d'anthologie : entouré de personnages dignes de Freaks (Tod Browning, 1932), Paul est initié à sa nouvelle confrérie en étant jeté dans une immense piscine remplie du sang des animaux et en dégustant une pinte de sang chaud, délicat, non ? La confrérie a ses règles et il assez est conseillé de les suivre !

Les chapitres sont tous introduits par une ou deux citations dont j'extraie celle de G.B. Shaw : "Quand un imbécile fait quelque chose dont il a honte, il déclare toujours que c'est son devoir" !

Le livre est constellé de gueules, genre celle de Cathleen, la femme du vieux Kennedy, le prêteur sur gages, clouée au lit depuis deux années : "Cathleen avait pris du poids dans des proportions incroyables, comme si elle se préparait à entrer dans le Guinness book". Cathleen qui espionne son mari à travers le plancher de la chambre, gardant le contrôle sur les transactions commerciales de la boutique ou qui accuse son mari de l'empoisonner : une relation un tantinet glauque, menée tambour battant par une femme acariâtre ! Mais aussi Violet, la soeur de Geordie, dont le plaisir est de tuer les animaux à l'abattoir. Et encore, Shrank, le patron de l'abattoir et père des deux tueuses d'animaux. Et enfin Geordie, handicapée des membres inférieurs, la cabossée de l'abattoir qui va séduire Paul.

Un livre vraiment surprenant, un vrai roman noir que l'on lit rapidement et qui ne laisse pas indifférent.

Marc Suquet

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