Les Magiciens

Lev GROSSMAN

L'Atalante, 2010
coll. La Dentelle du Cygne



Je ne vais pas reprendre le résumé de mon petit camarade Roland qui a fait ça très bien. Je vais donc passer directement à mon avis sur ces 508 pages. Déjà, et en guise de préambule, Lev Grossman aurait pu sans grande difficulté nous faire cadeau d'au moins 200 pages qui à mon sens n'ont aucun intérêt.

Maintenant parlons du fond.

? A l'école de magie : l'appréciation sur la difficulté que représente tout apprentissage, même la magie, conduit à des réflexions très intéressantes. Comme d'ailleurs la description assez juste du mal-être qui habite cette bande de jeunes adultes partagés entre le désespoir de trouver le monde réel si... réel et l'orgueil démesuré de ne surtout pas se laisser coller d'étiquette et donc au bout du compte de ne rien faire pour le rendre plus vivable. Si vous avez des ados chez vous, le monde de "oui mais si" vous dira quelque chose. J'aurais très bien pu supporter l'apitoiement de Quentin et de ses petits camarades sur eux même et la vacuité de l'existence, mais le roman est, hélas, tellement bourré de démagogie (ben oui, c'est cool de baiser, fumer, boire, tricher, etc., etc.) que je me suis rapidement détachée de tous les personnages et de leur histoire. Hélas, monsieur Grossman, je fais partie de ceux qui pensent que le décalage est toujours bon mais qu'il peut s'obtenir sans références aussi faciles !

? Dans le monde de Fillory : là, le récit aurait pu tourner en quelque chose de totalement captivant. En effet, rien ne ressemble à ce que l'on a déjà vu car cette contrée magique semble, au contraire des autres, remplie de cruauté.
Là, Lev Grossman aurait pu en faire un roman d'adulte pour adultes (et non pas simplement un Harry Potter pour adultes, ce qui en plus est totalement faux !). Mais non, les trouvailles restent inexploitées et on s'ennuie très vite de voir l'équipe errer dans ces couloirs sans vraiment jamais se poser de questions... Dommage.

J'espère que dans la suite prévue, The Magician King, il n'y aura pas que Quentin à avoir grandi.

Annecat

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