Les Cracheurs de lumière

Carina ROZENFELD

L'Atalante, 2012
Doregon, T. 3



Doregon est perdu. Recouvert par l'ombre, matière visqueuse créée par Moone. Ses défenseurs, Mia et Garmon d'un côté, Josh de l'autre, ne peuvent pas lutter. Il leur faudra toute leur ingéniosité pour réussir à se retrouver. Le combat contre Moone continue, un combat mené depuis leur propre imagination.

Avec ce troisième tome, Carina Rozenfeld referme le monde de Doregon. Si l'on recommande de lire les précédents tomes, le lecteur attentif pourra s'en passer après quelques hésitations. En effet, tout au long du livre, l'auteur amène des indices à ceux qui ne connaissent pas les secrets de Doregon. Mia, créatrice de ce monde est prête à tout pour que Moone disparaisse, ainsi que l'ombre envahissante. Une seule solution : trouver au fond d'elle-même l'arme qui réduira les nuisances à néant.

Un troisième tome qui joue uniquement sur deux personnages : Josh et Mia. Les chapitres leur donneront la parole alternativement. Mia est portée par le désir de faire revivre Doregon, Josh, par son amour envers Mia. Des sentiments qui les aveuglent et leur font prendre de mauvaises décisions. Heureusement les personnages secondaires vont les aider. Des personnages qui révèlent quelques surprises.

Si je ne devais trouver qu'un mot pour désigner ce roman, ce serait "art". Non seulement Carina Rozenfeld écrit, mais toute l'action se passe dans les tableaux, Mia est une étudiante des beaux-arts, Josh est libraire. Sa vision artistique permet d'avoir un maximum de ressenti. On craint pour Mia, on hait Moone, on désire caresser la fourrure des lymbiotes, on frissonne au contact de l'ombre. Bien que catalogué jeunesse, Les Cracheurs de lumière montre ce qu'est une guerre. On perd des proches, on fait des sacrifices, on souffre. Malgré l'amour qui les lient Josh et Mia ne peuvent rester que quelques lignes ensemble. Cruelle auteur qui nous fait battre le coeur !

Les éditions de L'Atalante font les choses bien, sauf cette fois où quelques coquilles se sont glissées ici et là. Un bien bête détail pour une belle collection.

J'avais lu Les Clefs de Babel, un roman jeunesse de 2009 qui m'avait plu. Trois ans séparent les deux textes, trois ans d'amélioration. La plongée dans Doregon se fait en douceur, mais une fois à l'intérieur, on ne veut plus en sortir.

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