Une chance de trop

Harlan COBEN

Belfond, 2004
Traduit de l'anglais (USA). Première parution dans la langue originale en 2003.



Lorsque la première balle l'a touché à la poitrine, Marc Seidman a pensé à sa fille, la petite Tara, six mois. Du moins, il voudrait le croire. Car il a vite perdu connaissance... Marc, trente-quatre ans, spécialiste de chirurgie pédiatrique réparatrice, revient à lui à l'hôpital. La dernière chose dont il se souvienne, c'est qu'il mangeait une barre aux céréales dans sa cuisine, quand on lui a tiré dessus. L'inspecteur Bob Regan de la police de Kasselton (New Jersey) lui apprend alors qu'il a reçu deux balles de calibre 38, que l'équipe de réanimation a cru qu'il était fichu et qu'il est resté inconscient pendant douze jours. Ce n'est pas tout : sa femme, Monica, a été tuée et la petite Tara a disparu. Kidnapping ? Oui, mais comment fait-on pour réclamer une rançon à des parents morts ? Marc sait qu'il ne sera pas facile de recomposer sa vie à sa sortie de l'hôpital. Il ne peut, en fait, compter que sur Lenny Marcus, alias "Cujo", son meilleur ami, un grand ténor du barreau. Il n'attend rien de sa mère, "Honey", une femme exubérante, ni de son père, "pratiquement un légume" depuis de nombreuses années, encore moins de sa soeoeur Stacy, toxicomane au dernier degré. Comme son mariage battait de l'aile, Marc devine qu'il est le suspect numéro 1 pour la police. C'est alors qu'une demande de rançon arrive. Les ravisseurs réclament deux millions de dollars, somme que le père fortuné de Monica se fait fort de réunir. Sur les conseils de "Cujo", Marc accepte, à contrecoeoeur, de prévenir la police. Au lieu de récupérer sa fille, Marc - ou ne serait-ce pas plutôt la police ? - va "tout bousiller". Les ravisseurs l'avaient pourtant prévenu : "Le moindre faux pas, et vous pouvez dire adieu à votre fille. Il n'y aura pas de seconde chance !"...

"Une chance de trop" : "Lorsque la première balle m'a touché, j'ai pensé à ma fille..." Quelle façon de démarrer un livre ! Dès la première phrase, l'auteur accapare l'attention de son lecteur, l'intrigue. Ce dernier se trouve dès lors embarqué dans une quête douloureuse qui va durer 427 pages ! (Et non pas 432 pages, comme il est indiqué en 4e de couverture. Toujours se méfier des 4es de couverture !...) Il aura fallu attendre 2002 ("Ne le dis à personne", puis 2003 ("Disparu à jamais") pour que les lecteurs français puissent enfin découvrir Harlan Coben, alors que de l'autre côté de l'Atlantique il était déjà un auteur connu et reconnu : auteur de la série des "Myron Bolitar" (ex-agent du FBI, ex-champion de basket, devenu agent sportif...), sept romans parus depuis 1995... ; premier écrivain à avoir reçu l'Edgar Award, le Shamus Award et l'Anthony Award, trois prix majeurs de la littérature policière aux Etats-Unis. Dans "Une chance de trop", l'auteur applique les mêmes recettes, celles qui ont fait son succès : il reprend ses thèmes de prédilection, la famille, l'amour, la disparition d'un être cher... Il raconte l'histoire de braves gens à qui il arrive "des choses horribles". Souvent suspectés par la police, à eux de s'en sortir par leurs propres moyens. Une intrigue solide et habilement menée, truffée de rebondissements, de fausses pistes, de digressions qui égarent encore davantage le lecteur - Harlan Coben est vraiment "le roi de l'embrouille". Un rythme soutenu, une belle écriture, des dialogues souvent drôles malgré le tragique des situations, des personnages complexes et attachants (le personnage principal, Marc Seidman, abîmé dans sa douleur est absolument criant de vérité. Et comment ne pas citer Lydia et "Nounaus" Heshy, "les anges vengeurs", un couple d'amants peu ordinaire ?) Ce thriller captivant, fascinant, très bien mené, très bien maîtrisé, raconte de très belles histoires d'amour - et pas seulement celle d'un père pour sa fille.

"Une chance de trop" prouve à nouveau que Harlan Coben est non seulement un des nouveaux maîtres du thriller avec qui il va falloir compter désormais, mais qu'il est également un très grand conteur et un fin psychologue. "Harlan Coben est le nouveau maître de nos nuits blanches !", est-il écrit sur la 4e de couverture. Les 4es de couverture disent parfois la vérité !

Roque Le Gall


La vie de Marc Seidman, chirurgien en pédiatrie réparatrice, bascule un matin dans sa cuisine où il reçoit deux balles de revolver. On le transfère à l'hôpital Saint Elizabeth où, après douze jours de coma, il se réveille pour apprendre que Monica, sa femme, est morte et sa fille Tara, en fait un bébé de quelques mois, disparue. Les kidnappeurs se manifestent et réclament deux millions de dollars contre la restitution de l'enfant. Marc verse la rançon et espère bien pouvoir récupérer sa fille, mais il a prévenu la police et l'opération capote lamentablement. L'enfant n'est pas rendue et le père désespéré décide de se lancer à sa recherche. Au péril de sa vie, avec l'aide d'un ancien agent du FBI qui fut son amour de jeunesse...

"Une chance de trop" est le troisième roman de Harlan Coben traduit en français. Rien de nouveau sous le soleil, bien au contraire ! En fait, il ne s'agit là que d'une simple variante des précédents livres d'un auteur américain qui semble toujours battre les mêmes ingrédients. Le narrateur de ses romans est toujours un homme banal à qui il arrive une histoire dramatique, tragique, complexe à souhait. Pour l'aspect politiquement correct de l'intrigue, le héros est un médecin pour enfants ou bien travaille dans l'humanitaire. L'intrigue sera rythmée, mouvementée, ménagera nombre de rebondissements. Il sera bien sûr question d'une belle histoire d'amour, sauce Barbara Cartland. Le tout amené par des phrases courtes, descriptives, une écriture cinématographique. Ce qui amène à dire que "Une chance de trop" est sans doute le livre de trop de Harlan Coben car ce gros ouvrage s'avère finalement insipide et sans surprise. C'est formaté, aseptisé, lassant à la longue ! L'auteur gagnerait vraiment à se renouveler. Quant au style et à l'écriture, certes simples et efficaces, le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne renouvellent en rien ceux des sempiternels best-sellers américains.

Au final, un roman décevant.

Olivier Gouello

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