Terra Australis

Laurent-Frédéric BOLLEE, Philippe NICLOUX

Glénat, 2013



Le titre évoque les grandes découvertes, le continent imaginaire qui apparaît sur les cartes à partir du XVe siècle. A Londres, le nombre des prisonniers est trop élevé. La pendaison, le spectacle gratuit le plus populaire qui soit, ne suffit pas à diminuer les effectifs ! Une solution : déporter les condamnés en trop. Mais, l'Amérique perdue, il ne reste plus qu'à trouver une nouvelle terre pour se débarrasser des prisonniers encombrants. Entre l'Afrique et l'Australie, ce sera la deuxième.

Terra Australis, c'est un superbe roman graphique qui demande du temps au lecteur (500 pages) mais qui le mérite. L'album souligne les horribles conditions de vie des détenus : de la femme séparée de son enfant avant l'embarquement à l enfermement dans le bateau au milieu des tempêtes en passant par les 300 coups de fouet administrés en deux fois car le condamné s'est évanoui après 175... Qu'importe, une deuxième séance sera organisée pour les 125 coups restants. Dure, la vie de condamné à la déportation !

L'album détaille aussi la genèse de l'expédition, à travers le destin de quelques-uns des condamnés mais aussi les avis des politiques sur cette nouvelle colonie, genre : il y a des risques, les Français avec la Pérouse sont déjà présents dans ce coin et ça vaut cher mais nous trouvons ainsi une solution à notre problème de surpopulation carcérale. Ou encore la peur d'Arthur Phillip qui, à quarante-huit ans et sans beaucoup d'expérience, prend la tête de cette expédition.

Le dessin en noir et blanc de Philippe Nicloux est beau et soutient de façon juste l'aspect dramatique du récit. Un bel album.

Marc Suquet

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