Crève Saucisse

Simon HUREAU, Pascal RABATE

Futuropolis, 2013



"Quand on fait des cornes à un boucher, faut pas s'étonner de passer de l'état de client à celui de marchandise." Ben, c'est un peu ça l'histoire de cet album, telle qu'elle est résumée en quatrième de couverture. Didier est boucher, jusqu'ici tout va bien. Mais sa femme Sandrine, fricote grave avec Éric, du binôme Laurence et Éric, les meilleurs amis du premier couple. Didier, rien qu'à la manière dont il coupe sa viande, on le sent carrément désireux de se venger.

L'album est très bien vu puisqu'il prend le parti de suivre notre boucher dans les différentes phases de son plan : la découverte de l'infidélité de Sandrine, sa rage qu'il passe à coups de tranchoir dans les carrés de viande pendus dans son frigo, la tristesse mais aussi l'espoir que Sandrine revienne. Et puis je vais rien dire, mais la technique mise au point par Didier est quasi machiavélique : ça combine, ça intrigue, ça imagine un piège du genre définitif. Il fait pas un pli, le Éric, fasse à la rage de celui qui aurait du être son pote.

Le dessin est simple, expressif et soutient bien les changements psy du boucher. Bref, un album qui traîne pas, qui intrigue, des persos intéressants, un fait divers qu'on pourrait très bien lire dans un journal local. Que du bon !

Marc Suquet


Je ne reviendrai pas sur le résumé de cet album, fort bien fait par l'ami Marc. Tout au plus livrerai-je mon sentiment sur l'oeuvre.

Je me suis agréablement laissé embarquer dans cette histoire de vengeance. Alors que le dessin m'a laissée sceptique sur les trois ou quatre premières pages, il a fini par se faire discret et adéquat, suivant les méandres un peu saumâtres du cours des pensées du boucher. Comme d'habitude avec Rabaté, un microcosme ordinaire est finement observé et mis en scène. Le sieur sait rendre intelligiblement passionnante l'humanité de tous les jours. On suit, captivé, l'élaboration du plan et son exécution. Je me permettrai cependant un petit bémol. En ce qui concerne la dernière page, à mon avis elle est en trop. L'histoire était parfaite jusque-là, et l'ultime développement l'affadit un tantinet. Dommage, mais ne rend pas l'album mauvais. Un bon cru, à lire dans le plaisir.

Marion Godefroid-Richert

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