Chasseurs de scoops

Bruno MOURON, Christophe REGNAULT, Pascal ROSTAIN

Glénat, 2012



Dans la famille des mauvaises BD, je voudrais Chasseurs de scoops !

L'album se veut en effet une réhabilitation des paparazzi, euh pardon, des chasseurs de scoops. A travers quelques exemples, ces professionnels consciencieux de leur rôle d'informateurs du grand public cherchent à démontrer ô combien utile et honnête est leur métier. C'est vrai que trouver Mazarine et faire des photos d'elle en compagnie de Tonton, ça le fait. Photographier la maman du fils adultère d'Albert de Monaco, c'est de prime importance. Au bois de Boulogne, tirer le portrait des travestis installés devant la coupe du monde de foot, c'est pas franchement racoleur. Prendre des photos de Mick Jagger avec une belle blonde alors que l'intéressé d'un subtil doigt d'honneur a élégamment signifié son refus, c'est respectueux ! Et, entre-temps, prendre une photo de Stéphanie seins nus, ça, c'est Molière dans le texte ! Merci les gars pour votre finesse, votre dévouement à la cause de l'info : grâce à vous, la France vient à nous.

Et puis les pôves choux ne vendent plus leurs photos que 15 000 euros alors que dix ans avant on leur en proposait 75 000 pour le même travail. François, ne t'y trompe pas, ces gars-là sont de nouveaux pauvres et pas des riches et ne méritent pas de payer plus d'impôts !

Ce grand album est magnifiquement servi par un dessin assez élémentaire, sans détails, froid et très mécanique.

Bref, c'est gonflant, mal dessiné et franchement, la cause des paparazzi, euh, des chasseurs de scoops, ne me fait pas plus pleurer en sortant de cet album. Au fait, le Smic c'est 1 400 euros/mois.

Marc Suquet

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