Les Apparences

Gillian FLYNN

Sonatine, 2012
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié



Quand Nick a rencontré Amy, ça ressemblait à un roman, ou à un film même. Parce que c'était lui, parce que c'était elle. Ils se sont reconnus au milieu d'une petite assemblée. "Juste une olive", lui a-t-il dit en lui tendant son verre. Et le tour était (presque) joué. Au début tout était parfait : un métier cool, une maison cool, ils étaient beaux, jeunes, riches et amoureux. Et puis, bien sûr, dans la vraie vie les choses changent un peu avec le temps. Pas de générique de fin, et la crise tape sur tout le monde. Quelques années plus tard, ils sont arrivés dans le fin fond de la province, dans la ville d'enfance de Nick, presque sans le souci. Pour Amy la New-Yorkaise, le choc a été rude. Jusqu'au matin de leur cinquième anniversaire de mariage, où tout bascule. La jeune femme disparaît, le salon est sens dessus dessous. Les enquêteurs de la police ont tôt fait de soupçonner le jeune époux trop beau, trop futile et pas assez éploré à leur goût. Et puis une terrible machination se fait jour, lentement, imparable. Le chat a préparé son coup pendant longtemps, la souris n'a rien vu venir...

En voilà, une belle surprise ! L'auteur sème finement ses petits cailloux. Au fil du récit, on pressent les coups de théâtre suffisamment pour les attendre de pied ferme, et ils ne déçoivent pas. De l'art d'entretenir la flamme du lecteur avec le machiavélisme d'un psychopathe. La structure du récit est originale, organisée en un ping-pong alangui entre le point de vue de Nick (extérieur) et celui d'Amy (intérieur), chacun occupant un paragraphe après l'autre. C'est précis, c'est confondant de traîtrise. Et puis le rythme fait tout. Ni trop lent, ni trop rapide. On est dans un thriller, et c'est palpitant. Les personnages ont le juste dosage d'ambiguïté, même les secondaires. Et on apprécie que le cerveau du complot essuie quelques revers malgré sa brillance. Vous l'aurez deviné, un excellent roman selon moi. A lire urgemment !

Marion Godefroid-Richert

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