Heptagone

Georges PANCHARD

Robert Laffont, 2012



A première vue, on se promet un bon moment avec Heptagone de Georges Panchard. Une couverture qui brille et un résumé qui décrit "sept personnages, comme les côtés d'un heptagone". Alors, bêtement, je m'attendais à ce que la vie de ces sept personnages raconte quelque chose, suive une intrigue plus grande. En réalité, les histoires de ces personnages, intéressantes en elles-même, n'ont que de lointains rapports.

Cela aurait pu passer si le futur décrit n'était pas si caricatural, avec des multinationales toutes puissantes qui ont leurs propres armées et leurs super-guerriers (déjà vu, non ?), les USA devenus l'UABS (Union of American Biblical States) et une guerre civile contre les musulmans en Europe. Sur ce point-là, les descriptions fonctionnent à l'envers : les différentes histoires semble apporter une justification à divers partis pris de départ.

Il faut cependant convenir, pour ne pas trop noircir le tableau, que certains des personnages décrits dans ces nouvelles sont réellement intéressants et qu'il y a une ou deux intrigues prenantes. Mais ce recueil de nouvelles essaie de se faire passer pour ce qu'il n'est pas : un roman. Et si, comme moi, vous l'ouvrez pour rentrer dans une aventure de 480 pages, alors la déception vous attendra au tournant de la dernière.

Ismaël


Je vais faire assez court pour une fois, et dire à propos de la chronique de mon camarade Ismaël : pas mieux.

Le titre est assez bien choisi : un heptagone est une figure à sept côtés et désigne un contenant en quelque sorte. Eh bien le récit tourne autour d'un contenu sans vraiment l'aborder. Le quatrième de couverture signale que ce livre introduit à un autre de l'auteur, paru précédemment, Forteresse. En fait, en naviguant ça et là sur quelques sites de chroniqueurs SF, il apparaît que ce roman est certainement le contenu en question.

Quelques détails m'ont plu dans le récit d'Heptagone, comme les Américains contraints à l'obésité par leur style de vie et des standards sociaux déviants, et qui adoptent pour se déplacer des youpalas pour adultes. Ou bien l'idée d'une femme terroriste juste parce qu'elle se promène en robe moulante. Mais j'ai également été gênée par le sous-texte réactionnaire, raciste et pro-auto-défensif du récit. Ne parlons pas des références croisées obscures de chaque trajectoire des personnages, et la sensation brouillonne qui se dégage de la déconstruction du récit. Les dates placées en début de paragraphe sont censées aider le lecteur à se repérer dans la chronologie. Une solution de facilité en ce qui me concerne et qui dédouane l'auteur de sa responsabilité narrative ? Un texte bien écrit se passe de ce genre d'artifice.

Enfin pour faire bref, ce livre ne m'a pas donné envie d'aller voir son prédécesseur. Tout n'est-il pas dit ?

Marion Godefroid-Richert

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