La Fille automate

Paolo BACIGALUPI

Au Diable Vauvert, 2012
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sara Doke



Avec La Fille automate de Paolo Bacigalupi, il n'y a pas de doute, nous avons entre les mains un très bon roman de science-fiction.

Bon, d'abord par l'ambiance. Une ambiance lourde, façonnée par les catastrophes passées, dans un royaume thaïlandais assailli de toutes parts. C'est sur une toile de fond de pénurie énergétique, de monopole des calories par quelques multinationales, que vont s'enchaîner, implacables, les événements. L'auteur construit ici un monde qui n'est plus engendré par les rêves de conquête spatiale mais par l'aveuglement et la rapacité individuelle. Et il faut bien avouer que ces éléments donnent un grand réalisme à sa description. On s'immerge très facilement dans ce monde de déchéance, toujours en équilibre pour sa survie.

Bon, aussi par ces personnages prisonniers de leur destin, tous marginaux en un sens. C'est d'abord cet automate rejeté par tous mais qui en secret fascine. C'est aussi ce réfugié chinois dévoré par le rêve d'un nouveau départ. Et c'est enfin cet envoyé des puissantes multinationales qui n'en reste pas moins aux yeux de tous un étranger, un farang.

Au final, on dévore les pages de ce roman pour suivre l'inévitable tourbillon d'actions qui malmène chacun des protagonistes. C'est d'une intensité rare et ce roman est indubitablement de ceux qu'on n'oublie pas.

Ismaël

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