Les Noces macabres

Jean-François COATMEUR

Albin Michel, 2016



"Il neige sur le Lac Majeur
Les oiseaux-lyres sont en pleurs..."
(Mort Shuman)

17 septembre 1987. Que s'est-il passé dans cet appartement brestois lors d'une fête d'étudiants qui a mal tourné ?

2012, soit vingt-cinq ans plus tard. Trois notables, aux vies apparemment au-dessus de tout soupçon, reçoivent un appel téléphonique qui va venir bouleverser leur quotidien, jusque-là tranquille...

Quelques paroles d'une chanson de Mort Shuman, puis une voix métallique, anonyme et menaçante. C'est alors une véritable panique qui s'empare de ces trois notables, autrefois amis et étudiants en médecine... à Brest. Ils faisaient alors partie d'un quatuor qu'on appelait "la petite bande".

Le professeur Alain Vénoret, éminent docteur en médecine et quatrième membre de "la petite bande", semble, quant à lui, avoir été épargné. Pour quelle raison ?

La parution d'un roman de Jean-François Coatmeur est toujours un événement pour ses nombreux et fidèles lecteurs dont je fais partie depuis la lecture de son roman choc Les Sirènes de minuit, en... 1976 ! Ce fut la découverte d'un auteur (plein d'humour, passionnant et passionné) que j'ai eu le grand plaisir de rencontrer à maintes reprises depuis lors (conférences, festivals...).

J'ai beaucoup apprécié ces Noces macabres. Une sombre histoire, très sombre, parfaitement maîtrisée. Un suspense parfaitement conduit. Une intrigue implacable. Une vengeance machiavélique qui n'est pas sans perturber le lecteur...

Pour conclure, je citerai simplement quelques lignes du long article consacré à Jean-François Coatmeur dans le Dictionnaire des littératures policières (la bible !), sous la direction de Claude Mesplède (le pape du polar !) : "Coatmeur, dont plusieurs ouvrages ont inspiré la télévision, figure avec ses suspenses inventifs et finement ciselés parmi les plus brillants romanciers français du genre"...

Roque Le Gall


  

L'Ouest barbare

Jean-François COATMEUR

Albin Michel, 2012



"Coatmeur... figure, avec ses suspenses inventifs et finement ciselés parmi les plus brillants romanciers français du genre..." (Dictionnaire des littératures policières, dir. Claude Mesplède)

Il y avait du monde ce mardi 19 juin pour la rencontre rituelle de 18 h. au café de "Dialogues". La librairie accueillait ce jour-là "le petit gars de Pouldavid," le toujours jeune Jean-François Coatmeur. Ses fidèles lecteurs ? dont je fais partie ? étaient venus à la rencontre de l'écrivain qui présentait là son vingt-septième roman, si l'on en croit Annaïck, chargée de mener les débats. Précisons tout de suite qu'elle s'acquitta parfaitement de la tâche. Il faut dire qu'elle avait bien révisé "son Jean-François Coatmeur." Il faut dire également que l'homme a beaucoup de choses ? intéressantes ? à raconter. Il est intarissable, passionné, passionnant... et plein d'humour. L'auditoire, sous le charme, aurait d'ailleurs volontiers prolongé la soirée...

Jean-François Coatmeur a abordé divers sujets. J'en cite quelques-uns de mémoire...

Pouldavid, son village natal, à qui il dédie ce vingt-septième roman : "A Pouldavid, mon village qui n'existe plus."
Pouldavid "qui représente tout, où j'ai passé les années très heureuses de mon enfance..."

Puis l'auteur a expliqué la genèse de ce roman, sa construction, le long travail de documentation et sa recherche pointilleuse de la vraisemblance, le tout parsemé d'anecdotes de cette époque troublée dont il a lui-même été le témoin, voire l'acteur. Exemple : "la chasse au parachutiste," dont il faisait partie avec le comédien Noël Roquevert. Qui se souvient encore de Noël Roquevert ?

Il a longuement parlé des personnages de L'Ouest barbare, de Marie, déjà entrevue dans un roman précédent (Des croix sur la mer), et surtout des deux protagonistes principaux, Jérôme, l'innocent condamné à 20 ans de réclusion, et Jean-Paul, le criminel endurci... mais qui a conservé en lui "une part d'humanité..."

Il a également été question du choix du titre de ce nouvel opus, de Thomas Narcejac, du roman noir en général et de bien d'autres choses encore.

L'essentiel de ce "roman historique" se déroule en quelques jours, pendant l'exode et la débâcle de 1940 en France. Du 15 au 19 juin plus précisément. Jérôme, accusé à tort du meurtre de son beau-père, et Jean-Paul, un dangereux malfrat, réussissent à s'évader de leur fourgon lors d'un transfert de prisonniers. Leur objectif : échapper à la police et également aux Allemands dans un pays en plein chaos et atteindre le plus vite possible la pointe de la Bretagne, Pouldavid, où Jérôme pourra revoir sa femme Tania, avant de tenter de rejoindre l'Angleterre...

Un road movie dans la France de l'exode et de la débâcle. "Un roman qui est dans l'Histoire..." "Suspense, atmosphère trouble et inquiétante, personnages ambigus, il y a tout cela dans ce roman noir, très noir... "Une chose est sûre, je n'écris pas des romans roses. Je suis plus sensible à la part d'ombre de l'homme..." (Propos recueillis par Stéphane Guihéneuf, Le Télégramme, samedi 26 mai 2012) Dans ce même article ? de qualité ? du Télégramme, l'auteur, à propos de ce dernier roman précise : "Je l'ai écrit avec un bonheur presque constant." Qu'il sache bien que ses lecteurs le liront avec bonheur également !

Roque Le Gall

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