Les Seigneurs de Bagdad

Niko HENRICHON, Brian K. VAUGHAN

Urban Comics, 2012



Prenez une famille de lions : Zilii le jeune mâle qui roule des mécaniques, sa copine Noor, Ali leur enfant et Safa une vieille femelle borgne. Ajoutez-y des avions qui bombardent le zoo de Bagdad en 2003, là où sont enfermés les lions. C'est la liberté qu'offre ainsi soudainement la guerre aux félins. Mais, est ce pour autant le rêve de ces lions, l'ancien temps dont la vieille lionne a averti des dangers ?

Un scénario plein de poésie et émaillé de réflexions intéressantes sur la liberté : la liberté ne se donne pas elle se gagne. Mais aussi sur le conflit des générations, symbolisé par les énervements entre Safa et Noor. Ou encore sur la sauvagerie des humains et la loyauté de lions face à ceux qui les ont nourris. L'ensemble passe en douceur au milieu de scènes d'actions qui rythment l'album. Intéressant aussi le thème de la guerre absurde vue à travers le regard des lions.

Les dessins sont plutôt sympas et même quelques fois élégants : on regardera avec intérêt les silhouettes des animaux, lions mais aussi chevaux. Bref, un joli coup pour cet album, basé sur une histoire réelle, qui peut être lu en famille.

Marc Suquet


Zill, Safa, Noor et Ali, quatre lions dont le destin va se trouver bouleversé en même temps que les habitants de Bagdad lors de la guerre du Golfe en 2003.

En effet le zoo comme le reste de la ville est bombardé et les animaux se retrouvent tout à coup libres, certes, mais livrés à eux-mêmes. La liberté est-elle le but de la vie comme le revendique Noor ou bien se paye-t-elle cher, trop cher comme le défend Safa ?

C'est une histoire vraie que scénarise ici M. Vaughan, faisant de ce conte une ode désabusée à la liberté. Le récit est noir et sans espoir et... il y manque un petit quelque chose pour être formidable ! En effet, les lions, qui au départ semblent avoir chacun une personnalité forte, promettant quatre points de vue, se révèlent très décevants quant aux réflexions sur eux-mêmes et "le sens de la vie". Seule Safa, la vieille méfiante et fataliste, et Ali, l'enfant "en devenir" font un peu avancer l'intrigue jusqu'à ce moment de grâce absolue qui se révélera être leur fin.

J'ai dit qu'il manquait un petit quelque chose car les dessins de M. Henrichon sont vraiment réussis, imposant la violence des lieux et de la guerre par un contraste entre le graphisme des lions (un peu disneyen...) et la mise en page du récit évoquant une fin du monde.

Au bout du compte on prend vraiment plaisir à suivre nos quatre compères et à re-découvrir (découvrir ?) que certes la liberté a un prix mais qu'elle est irremplaçable ! ("La liberté ne se donne pas... elle se prend !").

Annecat

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