Danse macabre

Olivier KERAVAL, Luc MONNERAIS

Sixto, 2012



Charles Tessier, un notable rennais accusé du meurtre de sa maîtresse, nie cet assassinat. Lazare, avec un Z s'il vous plaît comme lézard, journaliste parisien, est envoyé à Rennes pour rédiger un papier sur cette affaire. Mais quelques jours avant son procès, Tessier décède mystérieusement en prison. Lazare reprend l'enquête. Un travail qui l'amène dans une mystérieuse histoire de notables rennais, mêlant prostitution, combines locales et flics véreux. Tout pour réjouir le lecteur.

Deuxième album de la maison d'édition Sixto, après L'ange noir chroniqué sur ce site, Danse macabre joue à fond l'aspect régional qui avait déjà bien réussi à ces nouveaux mordus de la BD : à Rennes, on espionne à la librairie des Champs libres, on se donne rendez vous sur le banc devant la volière du parc du Thabor ou on visite l'ancien bordel, le Black Lady, du parc des tanneurs. Et puis les souterrains : habitants de Rennes, ça bouge sous vos pas ! Qui dirait que la capitale régionale est endormie ?

Bien sûr, l'amour n'est pas absent : Léa la belle fliquette fera flancher Lazare. D'autres persos sympas aussi comme Tex, le petit génie de l'informatique qui rentre dans tous les réseaux et rafle au passage les infos demandées par Lazare.

Le dessin en noire et blanc, rehausse l'aspect inquiétant de l'histoire. De beaux visages comme celui de la vieille femme (p. 47) ou encore des paysages de Rennes comme la place de la Mairie (p. 15).

Un deuxième album qui confirme la qualité des éditions Sixto.

Marc Suquet


Envoyé à Rennes pour couvrir un procès médiatisé, Lazare va peu à peu mener son enquête. Plongé dans les méandres de la capitale bretonne, il va faire remonter à la surface des souvenirs inavouables. Heureusement, il peut compter sur Léa, un lieutenant de police et Tex, jeune génie de l'informatique.

Danse Macabre est une curiosité. Une bande dessinée uniquement en noir et blanc. Ca tombe bien, c'est du polar. L'enquête, bien que classique, n'en mérite pas moins le détour. Le décor est fabuleux. Ceux qui connaissent Rennes s'amuseront à distinguer les lieux cités. Des lieux, qui pour l'occasion, sont magnifiés. Les immeubles, les places sont mis en valeur par l'éclairage, par le cadrage, mais toujours dans l'optique de rester dans l'ambiance. Les personnages sont du même acabit : en marge de la loi, voire teigneux pour le héros Lazare. Un personnage principal, à peine sympathique, qui fait tout pour résoudre l'enquête avec perte et fracas. Pour sa première affaire en terre bretonne, il va être servi : maison close, magnats influents, menaces, tous les gimmicks de la littérature policière sont réunis. A notre plus grande joie, ça fonctionne. Le cadrage perturbe, dérange. Le lecteur se demandera par moment si le récit a basculé dans le fantastique. Ce n'est pas le cas, mais l'ambiance s'en rapproche fortement.

Deuxième bande dessinée des éditions Sixto, Danse Macabre nous sert sur un plateau sa ligne éditoriale : faire vivre une histoire policière dans nos lieux quotidiens. Après Nantes, voici Rennes. L'alchimie Luc Monnerais/Olivier Keraval fonctionne très bien. S'adressant tant aux passionnés du genre qu'aux simples amateurs, ce livre dévoile la face cachée de Rennes au fil d'une histoire ténébreuse.

Temps de livres

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