Tenzing

Christian CLOT, Jean-Baptiste HOSTACHE

Glénat, 2013



Placer dans la collection Explora un one shot qui relate la conquête de l'Everest, c'est de bon goût. Car il s'agit là d'une vraie aventure : le toit du monde culmine a 8 850 mètres et il n'est pas possible de grimper dans les dernières longueurs sans emporter d'oxygène. Sept expéditions ont auparavant échoué. Avec les Anglais, Tenzing va être de celle qui réussit. Avec Edmund Hillary, il sera de la cordée qui atteindra pour la première fois le sommet, en 1953.

L'album présente cette histoire que l'on vit avec une certaine angoisse, de camp en camp. Arrivera, arrivera pas ? Amusantes les possibilités techniques envisagées lors de la préparation, comme l'utilisation d'une catapulte permettant d'envoyer les huit tonnes d'équipement sur la montagne. On en restera à la solution classique : le dos des cent porteurs nécessaires au transfert du matériel !

Mais l'album présente aussi le contexte politique délicat de l'époque : Tenzing hésite car coopérer avec les Anglais, assez arrogants, est plus difficile qu'avec les Suisses. Il leur a pourtant arraché des concessions : lui, Tenzing, ne sera pas considéré comme un sherpa mais comme le sirdar (chef des porteurs). De plus, il participera à la cordée qui atteindra le sommet. Pour les Anglais, cette tentative doit être la bonne car le permis d'escalade, octroyé à une nation chaque année, sera ensuite perdu au profit des Français. Alors d'accord, du bout des lèvres, on prendra aussi des Néo-Zélandais dans l'équipe, car ce sont des grimpeurs qui assurent.

Le dessin est un peu le point qui pèche. Simplet, parfois un peu caricatural. On en trouvera des exemples ici.

Une BD d'aventures sympathique dont la qualité aurait été améliorée avec un dessin un peu plus fouillé.

Marc Suquet


  

Magellan : Jusqu'au bout du monde

Christian CLOT, Bastien ORENGE, Thomas VERGUET

Glénat, 2012



A l'époque où seuls les sabliers permettaient de mesurer le temps (gare à ne pas oublier de les retourner !), mais aussi où seule la latitude (du nord au sud pour ceux qui confondent avec la longitude) peut être déterminée par quadrants et astrolabes, c'est assez gonflé de se lancer vers l'ouest pour y trouver une deuxième route des épices. Pourquoi l'ouest ? De façon étonnante, le pape Alexandre VI a divisé le monde en deux parties : l'Ouest confié aux Espagnols et l'Est aux Portugais. Magellan, bien que portugais d'origine, n'a jamais été reconnu dans son pays. C'est pourquoi il deviendra grand explorateur sous les couleurs de l'Espagne. Tout ceci est tiré de l'intéressant contexte situé en fin de volume.

Cet album présente une hypothèse audacieuse : la mort de Magellan aurait été voulue par le navigateur lui-même, facilitant ainsi son entrée dans l'histoire. Un propos intéressant mais mal desservi par un dessin que j'ai peu apprécié et une colorisation bien froide. Dommage !

Marc Suquet

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