L'Homme demoli

Alfred BESTER

Gallimard, 2011
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Patrick Marcel



Il est parfois bon de réviser ses classiques, et c'en est un bon (de classique) écrit en 1952. Il obtient le premier prix Hugo (rien de moins !) en 1953.

Avec ce cross-over entre polar et SF, Bester nous emporte dans sa vision d'un monde idéal, situé dans un XXIVe siècle pas aussi risible que d'autres anticipations de l'époque avec inventions genre cafetière à pattes ! Dans le monde de Bester, la colonisation intergalactique par la Terre est un fait accompli, les inévitables avancées technologiques aussi (genre bagnoles volantes). Là ou le roman se démarque, c'est en assumant son côté polar avec un crime, un méchant, un gentil, une romance... Le méchant : Ben Reichs est un genre de trader couvert d'argent et de femmes, beau gosse malgré sa bouche en cul de poule. Hanté par un cauchemar récurrent, il ne voit qu'une issue : assassiner son principal concurrent, qui ne peut être que l'homme sans visage qui lui pourrit ses nuits ! Problème, le crime a été totalement éradiqué par la guilde des télépathes (ou extrapers), qui peuvent prévoir les crimes avant qu'ils ne soient commis (oui, Philip K. Dick a légèrement pompé dans Minority Report).

Cela n'arrêtera pas Reichs, qui décide alors de commettre le crime parfait, sûr de sa supériorité sur ces minables extrapers qu'il abhorre. De fait, le crime s'opère facilement malgré une anicroche de taille  la présence de la fille de la victime, témoin gênant s'il en est ! Heureusement, la donzelle perd la boule instantanément et s'enfuit dans la nuit (en nuisette, donc !) Dès lors, commence une épreuve de force entre Reichs et Powell, l'inspecteur extraper. Celui-ci, bien que la loi lui interdise d'extraper quelqu'un qui s'y refuse, est vite persuadé de la culpabilité de Reichs, et doit mener une enquête à l'ancienne avec preuves matérielles et récupération de la gonzesse en nuisette, qui ne le laisse pas indifférent, même si elle est siphonnée, pire qu'un lapin.

Palpitant, donc, bourré de références Freudiennes (le rêve, tuer le père, la renaissance en revivant son enfance, ce genre de trucs), et enfin, le châtiment final, la démolition (alternative intéressante à la peine de mort, mais pas cool non plus !). Je conclurai ainsi : il est toujours bon de revoir ses classiques, ne serait-ce que pour briller en société, dans des conventions de geeks, en lâchant un "mouuuais, franchement, je préfère la vision besterienne a la vision dickienne quuuoaa". Trop prestige, comme dirait mon fiston !

Gaëlle

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