Royal Aubrac

Christophe BEC, Nicolas SURE

Vents d'Ouest, 2011
Tome 1



Les sanatoriums et la cure des malades atteints de tuberculose, la TB comme ils disent, c'est le sujet de l'album de Bec et Sure. Une époque où les antibiotiques n'ont pas encore fait leur apparition et durant laquelle on ne sait combattre le bacille de Koch autrement que par des cures de soleil et de plein air, des bains chauds et les rayons X.

Le Royal Aubrac existe : il est construit vers 1120 par des pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et qui, ne trouvant pas d'abri sur ce territoire à 1400 m d'altitude, avaient juré d'établir un refuge pour les voyageurs. Aujourd'hui, le bâtiment parfaitement dessiné en page 12 de l'album, est devenu un hôtel.

François-Alexandre Peyregrandes, sur l'insistance de son père, accepte d'y faire un séjour : de courte durée, il se le promet, mais sa santé va en décider autrement. Le lecteur est rapidement entraîné dans cet univers ouaté, où les bonnes manières régulent la vie des malades qui vivent tous avec cette épée de Damoclès : la TB. François-Alexandre y rencontre Warren, un aristocrate anglais qui va l'introduire dans ce monde un peu fermé. Un monde divisé en trois catégories : les grands enthousiastes, les stoïques et ceux qui broient du noir. Et pourtant, dans les sanatoriums, le dieu qui triomphe c'est l'amour : Geneviève, une belle patiente, attire rapidement l'attention de François-Alexandre. Mais les liens se limitent à des regards ou encore à l'obsession de l'amoureux transi pour la nuque de sa belle.

L'album est lent, sophistiqué, aristocratique. L'ensemble est intéressant, notamment par la découverte des complexes conventions régnant entre les pensionnaires du Royal Aubrac. Le dessin est simple mais les visages intéressants. Par contre, on peine un peu sur les longues bulles, même si l'on comprend aisément leur rôle : décrire les états d'âme du héros romantique.

Marc Suquet

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