Ceux qui vont mourir

Luc BRUNSCHWIG, Roberto RICCI

Futuropolis, 2013
Urban, T. 2



Pas de problème, on se laisse entraîner une nouvelle fois dans les sous-sols de Monplaisir, le dernier endroit ou ça rigole dans la Galaxie. Un lieu où pendant deux semaines tu oublieras ton boulot : du pain et des jeux, en bref. Mais un endroit où il est interdit de dormir sur la voie publique et où on ne peut rester dans une arrière-cour plus de cinq heures d'affilée sans être "démoléculisé" : autant dire qu'il ne reste pas grand-chose de l'infortuné zonard qui cherche un coin pour roupiller.

L'album suit plusieurs histoires en parallèle : celle de Zach, devenu Urban interceptor, chargé de coincer Ebrahimi l'assassin d'Ahn Loon Bangé, mais aussi celle de Niels Colton, le jeune garçon enfui de chez ses parents et auquel Olif, le vieil homme, va beaucoup s'intéresser quand il comprendra que Niels est un gars de la haute.

On sent, inspirant Urban, l'ancien policier de Blade Runner qui vient traquer les réplicants, mais aussi un poil de Big Brother qui va vous mitonner une société bien dévouée et dédiée au service du pouvoir en place. Y a pire, comme références !

La mort d'un enfant, ça choque un peu. Le côté gentil du parc d'attractions de Monplaisir disparaît d'un coup et le lecteur est extrait du décor et envoyé valdinguer dans la vraie vie. Ca fait tout bizarre !

En bref, j'aime le dessin comme le scénario. Luc et Roberto, il vous a fallu plus d'un an entre les tomes 1 et 2 : au boulot les gars, ne lâchez pas vos poooovres lecteurs en route et faites-nous un troisième tome qui déchire et vite fait s'il vous plaît : déconnez pas les gars, on kiffe Urban !

Marc Suquet


Suite des aventures de Zachary Buzz à Monplaisir, le complexe de loisir de Springy Fool. A la fin du premier tome, on avait quitté la jeune recrue de l'académie des interceptors en plein désarroi. La douce jeune fille dont il tombait amoureux était éloignée de lui par décision patronale, et il s'était fait coiffer au poteau par un jeune ambitieux à l'académie, qui lui avait brisé le nez et chipé la nomination au poste d'interceptor de la ville. Parallèlement le jeune Niels, un enfant seul avec sa nounou-méca dans un grand appartement luxueux parvenait à s'échapper et se retrouvait dans la rue, libre... mais isolé.

Dans ce deuxième livre, Zach passe devant les caméras et accède à l'élite des flics de Monplaisir. Désormais, c'est lui qui prend en chasse le redoutable chasseur de primes Antiochus Ebrahimi. De son côté, Niels est pris sous une aile compatissante puis intéressée par un magicien pouilleux des rues, Ronald Olif. On découvre également un enquêteur de Ganymède, le lieutenant Christiansen, sur les traces d'un trafic odieux d'organes féminins qui aboutit à la mort des jeunes femmes prises dans ses filets.

Ces trois personnages se tournent autour dans des trajectoires concentriques et plongeantes, à la découverte des dessous ? bien sûr peu reluisants, voire sordides ? du plus grand parc d'attractions de la Galaxie. Les rebondissements s'enchaînent, jusqu'à une confrontation finale entre Zach et sa cible qui se terminera de manière tragique.

Les deux auteurs ne nous déçoivent pas sur ce coup-là. Le dessin est toujours aussi soigné, le scénario toujours aussi fouillé. Un ajout audacieux de l'éditeur apporte un petit supplément d'âme à l'album : c'est le cahier graphique présent à la fin sur la première édition (eh oui, petits jaloux, on y a eu droit en SP). Le scénariste et le dessinateur livrent quelques clés sur leur collaboration, leurs techniques et la genèse de la série. J'ignorais qu'il y avait eu un premier jet sur ce synopsis, par exemple, et il est passionnant de voir comment fait Roberto Ricci pour rendre aussi vivante la colorisation informatique. Un vrai plus que ce rajout, donc. J'ai également été séduite par le déroulé des péripéties, le rythme du récit, la mise en place du nouveau personnage, la dimension interprétative qu'on découvre à l'histoire, son côté plausible... En bref, tout m'a plu. Une très belle découverte, que je vous engage à vous offrir.

Marion Godefroid-Richert


  

Les Règles du jeu

Luc BRUNSCHWIG, Roberto RICCI

Futuropolis, 2011
Urban, T. 1



Monplaisir, c'est le dernier endroit où ça rigole dans la galaxie. Le parc accueille dix-huit millions de visiteurs par jour. Zacchary s'y rend pour devenir élève de l'académie de police.

Eh ben, ça démarre plutôt bien, ce premier tome : Monplaisir est un univers dédié au plaisir, mais pas question d'y chourer sinon gare à la décharge de 1 800 volts qui empêchera le voleur de contrôler ses sphincters : c'est assez radical mais plus simple que d'installer des prisons dans un parc d'attractions ! Pour nourrir l'envie de jeu du public, la traque des meurtres de jeunes filles est transmise sur les écrans du parc de jeu.

Quelques trouvailles comme les pubs tatouées sur la peau d'Ishrat, la liftière, qui lui ont permis de devenir panneau publicitaire ambulant. Ou encore les 400 000 déguisements qui attendent les visiteurs à l'entrée de Monplaisir.

Au milieu de cet univers de plaisir, les personnages touchants et décalés de Zacchari Buzz mais aussi d'Ishrat qui se rencontrent. Zac, juste sorti de sa campagne, paraît quelque peu décalé avec son physique de gros ours, lui qui ne sait pas se battre dans l'espace comme ses copains de promo !

Ce premier volume est attirant et installe parfaitement bien univers, énigme, persos principaux et secondaires. Vivement la suite.

Bref, du bon comme on pouvait s'y attendre de la part de Luc Brunschwig, qui nous a déjà donné La Mémoire dans les poches, Le Sourire du clown ou encore Holmes et Lloyd Singer.

Marc Suquet


Ça y est, c'est le grand jour, Zacchary Buzz (Zach) quitte sa ferme sur terre, pour rejoindre les rangs de l'académie de police dans la cité de Monplaisir, avec une seule idée en tête, rejoindre l'unité des urban interceptor. Accompagné dans sa tête par son modèle de toujours, le plus grand héros de tous les temps "Overtime", Zach est immédiatement plongé dans la folie de cette ville uniquement dédiée aux plaisirs et aux jeux. Tout y est sous contrôle vidéo et ce dans le but unique de divertir ; même les crimes font partie du spectacle puisque le badaud peut parier sur l'issue de l'intervention de la police.  Le rêve de Zacchary va-t-il se transformer en cauchemar ?

Quelle incroyable histoire que la genèse de cet album ! Un vrai roman à lui tout seul et quand en plus elle est racontée par le scénariste lui-même...  Mais le plaisir ne s'arrête pas là ! Urban est vraiment un vrai régal à tous les points de vue.

Le scénario, d'abord : pour le premier album d'une série, il raconte quelque chose, si si je vous assure. Il n'est pas là QUE pour placer les points dans la partie. Nous sommes tout de suite placés dans l'ambiance surtout parce qu'elle nous rappelle vaguement quelque chose (brrrrr...). On s'attache très vite à ce grand bonhomme mal dégrossi à peine sorti de l'enfance et encore plein d'illusions et de rêves. Le décalage est d'autant plus flagrant avec cette cité qui donne le tournis.

Le dessin, ensuite (non pas qu'il y ait un ordre de préséance bien sûr) : quel talent ! j'adore !
Roberto Ricci réussit à faire "grouiller" la ville par son dessin tout en préservant le personnage principal, comme s'il était "isolé". On est "ailleurs" dans un futur plus ou moins proche et pourtant rien n'est glacé, figé sans vie !

On en prend plein les yeux et on en redemande...

Annecat

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