Cent mille journées de prières

Loo Hui PHANG, Michael STERCKEMAN

Futuropolis, 2011
120 pages. 20 euros



Le canari est là pour rassurer Louis. A huit ans, Louis a eu une vie difficile. Il vit seul avec sa mère, Laurence, en Normandie. Laurence pleure souvent. Mais qui est son père, dont Laurence évite de parler ? Mais voilà qu'un ami du Cambodge fait remonter les souvenirs de Laurence.

L'absence de son père est une vraie obsession pour Louis qui ne peut se construire sans en savoir plus sur son passé. Louis se heurte au refus de sa mère de lui donner la moindre information. C'est donc les anciens amis de ses parents qui vont lui apprendre qui était son père.

Louis va se faire un pote, Cédric. Un copain de classe dont le père est mort. Une absence paternelle qui rapproche les deux garçons. Il sera parfois vache avec son copain, quand ce dernier lui pose des questions sur son propre père : vengeance d'enfant pas méchante mais plutôt empreinte de tristesse.

Il y a aussi du fantastique dans cet album. L'oiseau mort et que garde Louis en cachette, renaît dans son imaginaire. Des dialogues se nouent entre l'enfant et l'oiseau, sur le père de Louis, bien sûr.

En toile de fond, le régime des Khmers rouges, remplacé depuis 4 ans. Un régime terroriste qui exécuta près de 20% du peuple Cambodgien. Les souvenirs douloureux hantent encore les deux filles des amis, Maly et Bohpa, qui font des cauchemars toutes les nuits. Le Cambodge, c'est aussi l'histoire personnelle de Loo Hui Phang, la scénariste de l'album, qu'elle expose en introduction.

Le travail est plein d'émotions et d'incompréhension de Louis face au passé de son père. A t-il coopéré avec les Khmers rouges ? est-il un criminel ?

Le dessin est simple et en N&B, appuyant bien les émotions de l'enfant et le rendant touchant.

Un album plein d'émotions pour une histoire très personnelle qui se finira dans le deuxième tome. N'hésitez pas à toucher le papier utilisé pour l'album, sûrement une bonne qualité !

Marc Suquet

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