Far Away

Maryse CHARLES, Jean-François CHARLES, Gabriele GAMBERINI

Glénat, 2011



Martin Bonsoir exerce le dur métier de chauffeur routier. Un soir il se fait surprendre par une chute de neige imprévue et sa remorque se met en travers de la route ! Bloqué et perdu, il part à pied (oui il est un peu dingue mais bon...) chercher du secours. Il trouve une cabane au fond des bois (oui, au Canada, ça fait un peu cliché, je vous l'accorde !) habitée par Esmé Larivière. Cette femme (incroyable coup de bol, quand même) s'y connaît non seulement en cuisine et en météo mais surtout en camions ! Elle sait où placer le sel pour les pneus et même comment dégeler du liquide de circuit de freinage. Et si Esmé s'y connaît autant en camions, c'est que son défunt mari en avait un. Eh oui, rien de surnaturel !

Quand la tempête de neige se calme enfin, Esmé demande à Martin de l'emmener jusqu'au grand canyon (son rêve) et, ça tombe bien, ses bagages sont prêts...

Alors, passons sur les poncifs de ce road-movie mélodramatique car le dessin et la mise en couleurs sont tellement beaux que, du coup, on oublie (presque) l'histoire. C'est une explosion de couleurs, même dans les paysages de neige, et on est vraiment sur la route avec les héros. Alors, pour le plaisir (vraiment réel) des yeux, laissez-vous tenter par Far Away.

Annecat


Le camion de Martin Bonsoir est immobilisé dans la neige qui s'est abattue soudainement dans la région des Laurentides, au Québec. Perdu dans la neige, il est secouru par Esmé, une femme qui vit seule dans la campagne. Quand elle le lui demande, Martin emmène Esmé sur les routes du Canada et des Etats-Unis.

Ben voilà une jolie petite surprise. D'abord pour des personnages : Martin, le chauffeur qui oublie un peu la beauté des paysages qu'il traverse, mais aussi Esmé, dont on a l'impression qu'elle est restée planquée dans sa campagne mais qui, lorsqu'elle montre à Martin comment réchauffer les freins de son camion, tout doucement et sans brûler les joints à l'intérieur, dévoile en même temps une histoire beaucoup plus complexe. J'ai aimé ces deux persos et la complicité qui se noue entre eux au fur et à mesure des kilomètres avalés sur les routes d'Amérique du Nord. Les chemins de traverse dans lesquels Esmé pousse Martin : visite des chutes du Niagara, les bisons du Dakota. Bien sûr, cela se finira par un peu plus, mais tout en douceur et en pudeur.

Et pourtant, le long des petites remarques d'Esmé, on sent bien que quelque chose de plus la tracasse. Mais on en reste longtemps aux petits points achevant une phrase et qui posent question au lecteur. La fin, qui aurait pu être très tire-larmes, reste elle aussi pudique.

Le dessin est beau et rend joliment les couleurs orangées de l'automne québécois. Regardez par exemple le paysage de la page 3 : on le trouvera ici.

Un one shot sympa et empreint d'émotion humaine. Une histoire simple et intimiste qui a réchauffé mon 'tit coeur. J'ai aimé.

Marc Suquet

partager sur facebook :