La patrouille des invisibles

Olivier SUPIOT

Glénat, 2014



Pas étonnant qu'il ait gagné le prix du meilleur dessin à Angoulême en 2003, le dessin de Supiot est superbe. On retrouve cette qualité dans ce nouvel album avec de belles couleurs, des traits fins, des expressions profondes.

La Patrouille des invisibles, c'est l'histoire d'Hubert Lessac, un gars super amoureux de sa Louise mais qui part à la guerre de 14 comme aviateur. Vite fait, il y gagne ses galons mais s'écrase après dix-neuf victoires. Récupéré par une escouade de poilus, il va vivre leur vie dangereuse dans les tranchées.

Il tombe en pleine période de commémoration de la grande guerre, cet album. Mais il ne faut pas le considérer comme un bidule de circonstance de plus. Non, l'histoire de ce héros qui veut mourir malgré la gloire acquise dans le ciel est intéressante, depuis ses combats aériens jusqu'à sa rencontre avec la patrouille, composée de gars solidaires devant le danger. De beaux personnages comme celui de Titan, Titouan Kerzadec de son vrai nom, une vraie baraque qu'un des poilus a rencontré au bagne, en Guyane. Un gars qui fait dire que l'on est heureux d'être dans son camp et qui, caché derrière son masque, terrorise les Allemands.

Mais Un amour de Marmelade, le précédent album de Supiot, j'avais déjà kiffé !

Un cahier graphique complète joliment l'album.

Marc Suquet


  

Un amour de Marmelade

Olivier SUPIOT

Glénat, 2011



Dans la mégalopole de Lutetia, le professeur Louys s'est transformé en un blob vert et gluant, suite à un plongeon bien involontaire dans la matière de sa vie, le Mélakron. Devenu Marmelade, il cherche à retrouver son amour, Mathilde, qu'il n'a jamais oublié, avec l'aide de Blanche, une journaliste capable de traverser les parois.

Une belle surprise, cet album de Supiot ! Le scénario d'abord avec un look savant fou qui plane sur Marmelade, vert, gluant et des mains qui repoussent quand on les coupe. La ville est celle que l'on imagine quand une science folle a pris le pouvoir, une dictature des blouses blanches divisant les habitants entre possédants, créchant dans la partie superbe de la ville, et celle des petites gens, "que les novateurs cherchent à oublier". Bref, un cadre intéressant à cette histoire.

Marmelade est un perso intrigant, à la recherche de l'amour de sa vie d'avant, de son ami Appolo qu'a une tronche pas bien engageante et qui fréquente les boxons, mais aussi d'un meurtrier qui se fait passer pour lui. La fin de l'album est un joli rebondissement, auquel je ne m'attendais pas et que je ne vous raconterai pas, bien entendu !

Quant au dessin, ben c'est super aussi. Suffit d'admirer le cimetière des machines (p. 98), mais aussi les couleurs chaudes du canal Saint-Martin (p. 84) ou celles de la mort de Mathilde (pp. 94-95) qui transforment cette page en un vrai tableau. Faudrait pas oublier que l'auteur à gagné le prix du meilleur dessin à Angoulème en 2003 !

Je ne connaissais pas beaucoup Supiot. Après la lecture de cet album, je suis définitivement conquis !


Marc Suquet


Comment avoir l'impression d'être dans un film muet en noir et blanc alors qu'on lit une BD tout en couleurs... C'est l'impression que j'ai eue tout au long de cet excellent album de Supiot. Nous sommes immédiatement plongés dans une atmosphère d'industrialisation glauque, mais le petit coté Arsène Lupin de notre héros maintient l'espoir que rien n'est perdu. A lire.

Annecat


  

Le narval, T2 : Terrain vague

Boris BEUZELIN, Olivier SUPIOT

Treize étrange, 2010
48 pages. 9,90 euros



Cinq histoires de Robert Narval qui ont toutes en commun la passion du héros pour la plongée sous marine : d'une étrange plongée en plein désert à la protection de la femme d'un riche cubain, en passant par une descente dans les égouts parisiens ou dans la Sima del diablo, le trou du diable.

Voici le deuxième tome des aventures de Robert Narval. Bon, c'est pas de la grande BD. Un peu d'histoire, un peu d'aventures dans laquelle on a à peine le temps de se couler et on passe à l'histoire suivante. Le scénario est effleuré, l'histoire tient plus d'un résumé ou d'une bande annonce. C'est pas désagréable, sympathiquounet, mais cela ne va guère plus loin.

Le dessin de Boris Beuzelin est vraiment simple et sans détails. Pas franchement accrochant donc.

Une BD de qualité assez moyenne, qui pourrait peut être plaire à quelques ados mais qui m'a personnellement laissé assez froid.

Marc Suquet

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