Sherlock

Mark GATISS, Steven MOFFAT

BBC Warner, 2010
Série télévisée de la BBC



Le docteur Watson revient d'Afghanistan, blessé moralement et physiquement. Sa pension de militaire ne suffit pas à le faire vivre. Sur les conseils d'un ami, il va rencontrer un certain Sherlock Holmes et devenir son colocataire. Or Holmes est un personnage imbuvable. Consultant pour la police, il va entraîner Watson dans ses enquêtes. Le docteur aura du mal à comprendre cet homme si égocentrique. Au fil des enquêtes (trois pour cet arc narratif), ils vont se découvrir l'un l'autre et tisser des liens d'amitié.

Porter Sherlock Holmes à l'écran (petit ou grand) n'est jamais simple. Du côté du cinéma, on peut aller vers l'allusion gothique (Le chien des Baskerville), la parodie qui respecte le canon (Elémentaire mon cher Lock Holmes), voire l'adaptation  (Sherlock Holmes de Guy Ritchie). Du côté de la télévision, on peut noter les séries britanniques des années 80, ou les adaptations (Sherlock Holmes se réveille dans le futur, et aide la petite fille du docteur Watson). Comme vous pouvez le lire, nous avons le bon et le moins bon.

Transposer les aventures du tandem de Baker Street en 2010 était risqué. La BBC commande une saison complète avant de se rétracter pour faire trois téléfilms de 90 minutes. C'est Stephen Moffat et Mark Gatiss qui créent cette série. Le premier est le plus connu. Scénariste des séries Jekyll et Doctor Who, il mêle modernisme et classicisme dans ses oeuvres.

Il n'était pas indispensable de faire ces téléfilms, mais après avoir entendu le générique, vous ne bougez plus de l'écran. Le scénario s'empare de l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle, la mélange, lui ajoute notre monde contemporain sans oublier l'humour britannique. Petit bijou ? Joyau de la perfide albion qui nous "oblige" à rester assis pour suivre ces nouvelles aventures du détective. Sherlock Holmes est un homme froid, imbu de sa personne, associal, pour qui le monde tourne au ralenti. Toujours prêt à l'action (c'est un jeu pour lui), il ne cesse de nous énerver par son intelligence redoutable et ses déductions. Il connaît Londres par coeur (La poursuite entre le taxi et Sherlock à pied dans une étude en rose, vaut son pesant de Guinness), n'hésite pas à pirater les portables, Internet, et mettre à mal la police.

Tiens, en parlant de la police... on retrouve Lestrade ! Loin du policier procédurier, voire bêta que nous avons l'habitude de voir et de lire, ce Lestrade est sympathique, compétent, et essaye tant bien que mal de faire son travail, entre rigueur administrative et piques de Sherlock. Troisième rôle : John Watson. A contrario de la dernière adaptation cinématographique, nous avons un docteur vieux célibataire, presque flegmatique, avant d'être "pris en charge" par Sherlock Holmes. Plus vieux de quelques années, il semble être la conscience du duo. Il n'en est pas moins dynamique et doué !

Vous doutez encore ? Quand on connait Sherlock Holmes, on pense presque tout de suite à James Moriarty. Un Moriarty différent, presque effacé et si présent pourtant. Quant à Mycroft, je vous laisse le soin de le découvrir. La musique est importante. Telle une ritournelle, elle vous accompagne tout au long des téléfilms. La BBC devant le succès de cette oeuvre a demandé deux autres séries ! Elémentaire.

(Diffusé le samedi soir sur France 4)

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