La Malédiction du Titanic

Cédric RASSAT

Glénat, 2012



On connaît la fin de l'histoire : le Titanic coule. Oui mais, cette fois-ci, cela n'est pas seulement une imprudence de la part du capitaine ou une confiance sans bornes dans son bateau qui conduiront au naufrage. A bord du transatlantique, se croisent une momie égyptienne, un voleur, un assassin, des drames qui se succèdent durant le bal masqué qui bat son plein dans les salons huppés du paquebot. Quant à l'iceberg, il se transforme en blanche pyramide égyptienne posée au milieu de l'océan.

Comme pour Erzsebet, que nous avions chroniqué sur ce site, le lecteur de ce nouvel album du tandem Rassat et Orhun est surpris par le style très personnel des dessins lié à l'utilisation de cartes à gratter. C'est très particulier mais en même temps angoissant, la technique donnant aux personnages des expressions marquées. L'ensemble est dur, du noir et blanc des cases aux personnages. C'est plutôt bon mais on apprécie, en fin d'album, de revenir à un dessin plus classique tant l'atmosphère est lourde. Une BD qui a du caractère, c'est bien !

Marc Suquet


  

Erzsebet

Emre ORHUN, Cédric RASSAT

Glénat, 2010



Erzsebet, c'est la belle comtesse hongroise du XVIIe siècle qui, son mari parti à la guerre, va prendre quelques libertés qui évolueront rapidement vers le pétage intégral de plombs.

Le personnage a véritablement existé. Selon les témoins, la comtesse aurait torturé et tué entre 50 et 650 jeunes filles. Mais les témoignages sont sujets à caution puisqu'obtenus... sous la torture ! Le personnage d'Erzsebet est devenu légendaire et a inspiré plusieurs films comme Les Lèvres rouges, Comtesse Dracula ou encore La Comtesse.

L'originalité de l'album tient dans l'utilisation de cartes à gratter, donnant à l'ensemble une tonalité franchement noire. Ça rigole pas franchement au château de la comtesse, par contre ca flingue à tour de bras ! La comtesse présente une tronche à faire flipper, et à raison, la moindre vierge effarouchée avec ses grands yeux en amande qui font rien qu'à refléter cruauté et malignité. Gaffe, l'est quand même carrément barge, la comtesse !

Pour ce qui est de la technique de la carte à gratter, elle est connue depuis fort longtemps et s'apparente à la gravure. En BD, elle a été utilisée par plusieurs auteurs, dont Tardi dans Le Démon des glaces.

La construction de l'album est tout de même bizarre : il y a parfois des sauts dans l'histoire que l'on ne suit pas très facilement.

L'album vaut essentiellement pour sa technique de dessin bien originale et parfaitement adaptée au scénario.

Marc Suquet

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