Da Vinci Code

Dan BROWN

Lattès, 2004
Traduit de l'anglais (USA). Première parution dans la langue originale en 2003.



Robert Langdon, professeur de symbolique religieuse à l'université d'Harvard, est de passage à Paris où il est venu donner une conférence. Tard dans la nuit, il est brutalement réveillé dans sa chambre de l'hôtel Ritz : le commissaire Bézu Fache requiert expressément sa présence sur les lieux d'un crime. Jacques Saunière, le célèbre conservateur en chef du Musée du Louvre, vient d'être assassiné dans la Grande Galerie. Son agenda indique qu'il devait rencontrer Robert Langdon plus tôt dans la soirée, mais il n'est pas venu au rendez-vous. Avant de mourir, le conservateur s'est livré à "une étrange mise en scène" que Robert Langdon pourra peut-être déchiffrer : il s'est totalement déshabillé et, utilisant son abdomen comme une toile, a tracé, avec son propre sang, un simple symbole, cinq lignes droites formant une étoile. Il a également eu le temps d'écrire une série de chiffres (13 - 3 - 2 - 21 - 1 - 1 - 8 - 5) et un texte mystérieux ("O, Draconian Devil ! Oh, Lame Saint !", p. 58), puis il s'est allongé dans la position de l'Homme de Vitruve, le plus célèbre dessin de Léonard de Vinci. Que signifie cette mise en scène au moment de mourir ? Quel message a voulu délivrer le conservateur ? L'arrivée sur la scène du crime de Sophie Neveu, cryptographe dans la police... et petite fille de Jacques Saunière va peut-être apporter quelques éléments de réponse à Robert Langdon qui commence à réaliser qu'il n'est pas prêt d'aller se recoucher. Lui qui avait l'impression de tenter d'assembler les pièces d'un puzzle dans le noir complet, va devoir à présent y imbriquer un élément supplémentaire extrêmement gênant : le commissaire Bézu Fache veut l'arrêter pour meurtre !...

Da Vinci Code, "un pavé dans le bénitier" [Télérama], Saint Graal ou veau d'or ?... Grande pauvreté de l'intrigue pas toujours maîtrisée, pas toujours vraisemblable, personnages sans réelle consistance psychologique (même Robert Langdon, "Harrison Ford en Harris tweed" - p. 18 - sorte d'Indiana Jones du pauvre, n'échappe pas à la critique), style quelconque et truffé de clichés, roman bavard, dénouement décevant... Et ce n'est pas tout ! Allégations fantaisistes, balivernes, à-peu-près, approximations douteuses, invraisemblances, incohérences, contre-vérités, erreurs choquantes, thèses fumeuses... L'auteur a certainement eu tort d'affirmer en première page : "Toutes les descriptions de monuments, d'oe'oeuvres d'art, de documents et de rituels sacrés sont avérées.". Tels sont les reproches les plus courants, avancés par les détracteurs du "Da Vinci Code". L'un des plus virulents étant sans nul doute le critique littéraire du Times de Londres qui a qualifié le livre à sa sortie de "roman de gare le plus idiot, le plus mal documenté, le plus stéréotypé..." (Le Journal du Dimanche, 8 août 2004) Les fans - les plus nombreux ! - eux non plus ne donnent pas dans la nuance, plus particulièrement ceux d'outre-Atlantique, où le livre a été en tête des meilleures ventes pendant... 46 semaines ! Intrigue haletante, roman envoûtant, palpitant, événement littéraire (sic)... Dan Brown est qualifié de romancier virtuose. Certains ont même crié au génie ("pure genius !")... Alors que penser de ce quatrième roman d'un ancien professeur d'anglais et historien d'art jusqu'alors méconnu ? Dan Brown a su mêler, avec beaucoup d'habileté, art, histoire, spiritualité, ésotérisme... dans son pavé de 571 pages. Il y évoque les Cathares, les Chevaliers du Temple, Clément V, Constantin le Grand, les Grands Maîtres du Prieuré de Sion, Newton, Léonard de Vinci (bien évidemment !), Manuel Aringarosa, Pierre Plantard et... et... Jésus et Marie-Madeleine... Il nous parle du Code Atbash, du Concile de Nicée, du culte de la déesse, du Nombre d'Or, de l'Opus Dei (oh les méchants !), de la Rose Ligne, de la Séquence de Fibonacci... et du Saint Graal (qui ne serait pas ce que tout le monde croit !...). Il ébranle sans ménagements les fondements de l'Eglise chrétienne, ce qui n'a pas manqué de déclencher une vive polémique, aux Etats-Unis en particulier, où certains religieux ont essayé d'interdire la parution du livre. Tout ceci est sans doute très exagéré ! Dan Brown a simplement écrit "un thriller à vocation commerciale" qui ne manque pas de qualités. "Le roman est un page turner : chapitres courts, rebondissements toutes les deux pages. C'est le Club des Cinq en Terre Sainte" (Le Nouvel Observateur). On a également parlé de "Harry Potter pour les adultes"... Da Vinci Code est un thriller politico-ésotérico-religieux très distrayant, rocambolesque, original du fait de son mélange des sujets et des genres, bien ficelé, habile, intelligent...

D'aucuns n'ont pas hésité à le comparer au Nom de la Rose. Trop c'est trop ! Il faut raison garder ! Da Vinci Code est avant tout un roman d'une très, très grande efficacité ! "Une chasse au trésor" (p. 142), "un jeu de piste" (p. 158) très efficaces !

... Et puis on y apprend (peut-être...) une chose qui a posé question à tant de générations : "Pourquoi Mona Lisa sourit-elle donc ?"

On n'a probablement pas fini d'entendre parler de Da Vinci Code... et de son auteur. Le roman ne fera certainement pas date dans l'histoire de la littérature, mais il est devenu un phénomène de société qu'on ne voit que très rarement.

MGRB


Le conservateur du Louvre est retrouvé assassiné dans la Grande Galerie du célèbre musée. Unique détenteur d'un incroyable secret susceptible de faire trembler toute la Chrétienté, il laisse des indices qui permettront à sa propre petite-fille et au très perspicace Robert Langdon de découvrir la terrible vérité.

Faut-il encore parler du fameux Da Vinci Code ? Oui ! Ne serait-ce que pour dénoncer la malhonnêteté intellectuelle d'un écrivain qui, sous couvert de nous offrir un "bon roman policier qui tient en haleine et se lit d'une traite", comme il est convenu de dire dans les salons, élabore une théorie douteuse, basée sur des "faits" provenant de sources qu'il n'a - dans le meilleur des cas - manifestement jamais pris le soin de vérifier... Fourmillant de "révélations révolutionnaires", le roman se révèle être une véritable machine à vendre ces guides de décryptage qui ont envahi les rayons des librairies - à croire (avec un rien de mauvais esprit) que Dan Brown lui-même en a commis quelques-uns (d'autant que certains sont parfois étrangement complaisants avec le livre qu'ils sont censés éclaircir, et tout aussi peu rigoureux) !

Beaucoup, tant mieux, auront pris plaisir à lire ce livre et en sont certainement reconnaissants à son auteur. Et effectivement, tout cela ne serait pas si grave si Dan Brown avait eu l'honnêteté de ne pas faire passer de pures élucubrations pour des faits historiques et avérés. Chacun a le droit à sa licence romanesque. Mais, comment ne pas se sentir floué en lisant que Léonard De Vinci et Isaac Newton, entre autres, auraient appartenu au fameux "Prieuré de Sion", quand celui-ci n'a été fondé qu'en 1956 ? Dan Brown aurait appelé cette société secrète d'un tout autre nom, la chose aurait été invérifiable et nul n'aurait eu l'idée de lui adresser le moindre reproche... Dommage qu'une telle désinvolture vienne ainsi tout gâcher !

Au bout du compte, l'on ne saura trop conseiller au lecteur de passer son chemin et de se pencher plutôt sur l'autrement plus intelligent Jésus vidéo d'Andreas Eschbach ou le nettement mieux ficelé Dernier Testament de Philip Le Roy.

Mikael Cabon

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