Cendres

MARIE, Karl T.

Vents d'Ouest, 2012
La Poussière des anges, T. 2



On avait découvert les personnages, Anne et Anthon, dans la série de La Cuisine du diable. Dans ce deuxième tome de La Poussière des anges, le lecteur est à nouveau plongé dans le monde du jeu, mais à son début : L.A. compte encore plus de chevaux que d'habitants ! Et pourtant, Bugsy Siegel tentera de construire un casino dans ce désert. Anne se réveille d'un coma de huit années et reproche à Anthon de se livrer au trafic d'héroïne.

Toujours le dessin de Karl T. On est plongé dans l'ambiance US années 50 : les grosses bagnoles, les maisons de proprios pleins aux as à la Gatsby ou encore le béret hôtesse de l'air et les lunettes de soleil sur les yeux des femmes (voir le portrait p. 38, très époque). La première scène est prometteuse, en plein milieu du désert, Bugsy imagine son futur casino, dont l'intérêt principal est d'être à une heure d'avion de Beverly Hills.

En lisant l'album, je reste un peu sur ma faim : une impression de survoler un peu le sujet qui pourtant porte en lui toutes les ficelles d'une bonne histoire. Dommage.

Marc Suquet


  

Blanche Neige

MARIE, Karl T.

Vents d'Ouest, 2011
La Poussière des anges, T. 1



1937, New York. Anton est l'étoile montante de la mafia. Le business du jeu est l'affaire du moment et les gangs se battent pour une place au soleil. Amoureux d'Anne, Anton ne cesse de protéger celle que la vie n'a pas épargnée. Mais lorsque Anne est enlevée par des concurrents en affaires, la fureur d'Anton se déclenche.

Cet album est la suite de La Cuisine des anges. On peut le lire sans connaitre la tétralogie précédente, mais bien sûr il manquera quelques bases au lecteur.

Des détail historiques intéressants : en 1933, Roosevelt abroge la prohibition, bloquant les formidables rentrées d'argent des familles mafieuses et provoquant un déplacement des activités vers les jeux. Des personnages intéressants comme celui de Mme Queen, qui règne sur Harlem. Mais aussi Anton qui, dans sa montée professionnelle, n'oublie pas son amour d'enfance.

C'est surtout le dessin de Karl T. qui m'a plu : subtil, plein de détails et représentant parfaitement les sentiments des personnages. Les couleurs de Cyril Saint-Blancat donnent une teinte rétro qui convient bien à cette histoire.

Plutôt du bon, donc.

Marc Suquet


  

Back to perdition

MARIE, VANDERS

Vents d'Ouest, 2010



En Australie, la jeune Angie vit dans une ferme de crocodiles. Secrètement, mais secrètement seulement, elle est amoureuse de Mayaw, un jeune aborigène.

On peut pas vraiment dire que le sujet soit original : on le trouve évoqué dans une pièce célèbre qui retrace la vie impossible, à Vérone, de deux amants originaires de familles rivales, et le tout date de 1590... Bon, ca vous dit probablement quelque chose !

Mais l'original, ici, est d'avoir transplanté la fameuse histoire de Roméo et Juliette en Australie et dans une ferme d'élevage de crocodiles. L'atmosphère y est lourde : de Connors, le père d'Angie, à son employé, Bruce, on ne porte pas franchement les "abos" dans son coeur ! Car ces gens-là savent distinguer les plantes des mauvaises herbes... Cool, non ? Un épisode de wet (la saison des pluies, quoi, mais c'est mieux de vraiment traduire les astérisques indiquées dans les cases) plombe carrément l'ambiance. Il pleut, il pleut.

Le dessin est à dominante noire, comme le climat qui règne sur l'album. La pluie semble omniprésente. La découpe des cases améliore le rythme des scènes, comme les pages 52 et 53 et la violence qui s'en dégage.

J'ai aimé cet album pour sa dureté, sa violence et l'atmosphère qui s'en dégage. Bien vu, les gars !

Marc Suquet

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