Le Club des policiers yiddish

Michael CHABON

Robert Laffont, 2009
coll. Pavillons



Polar ou uchronie ? Les deux mon capitaine !
C'est effectivement un polar, flic alcoolique et divorcé à l'appui. Mais c'est aussi une uchronie : Israël n'a pas vu le jour en 1948 et, en lieu et place, une colonie juive a été fondée sur les rives de l'Alaska (en bail temporaire), plus précisément sur l'île de Sitka, en une cohabitation malaisée avec les indiens tlingit.
L'heure est grave, la rétrocession de la concession juive est prévue pour dans une poignée de semaines et les hautes instances ont demandé aux représentants de la police criminelle de faire le ménage dans les dossiers en cours. Malheureusement, Meyer Landsman, le flic le plus archétypique qui soit, se voit confronté à un meurtre dans l'hôtel même où il habite suite à son divorce : un mythe juif voulant qu'à chaque génération naisse un messie potentiel, le dernier en date a préféré la stupeur de l'héroïne à son destin et s'est vu récompensé d'une balle dans le crâne.
L'affaire est classée immédiatement par l'ex-femme et supérieure hiérarchique de Landsman, mais la ténacité de ce dernier ne s'arrête pas à ce genre de détails.
S'ensuit une enquête fertile en rebondissements, blessures diverses et coups de théâtre. L'enjeu ? Rien de moins que la Terre promise ! De quoi exciter les intégristes de tout poil, les agents secrets aux allégeances multiples et faire remonter au grand jour de vieilles et terribles machinations.
Un grand polar uchronique, la seule difficulté étant de se référer au glossaire (situé en fin de volume) pour tous les termes yiddish parsemant le récit.

Benoit Furet

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