Caïn

Alexandro JODOROWSKY, José LADRONN

Glénat, 2016
Les Fils d'El Topo, T. 1



El Topo, un film réalisé par Jodorowsky dans le début des années 70 raconte le parcours initiatique d'un cow-boy dans le désert mexicain à coups d'images cultes et kitsch. Plusieurs années plus tard, Jodo décide d'en raconter la suite, Les Fils d'El Topo. L'histoire sera refusée par Hollywood. Elle n'entre pas trop dans la ligne du parti, bien sûr. Jodorowsky, n'ayant pu trouver les moyens financiers de monter ce film, se résigne à en faire une BD. Un nouveau chemin dans lequel Jodo s'appuie sur le dessin de Ladrönn, avec lequel il a déjà collaboré pour Après l'Incal.

El Topo a eu deux fils, nés de deux femmes différentes, Caïn et Abel. Pour l'aîné, impossible de tuer son père qui l'avait abandonné car celui-ci est devenu un véritable saint. Caïn choisit donc de supprimer son demi-frère. De la tombe de son père, juchée sur une île entourée d'acide, à la poursuite d'une sainte vierge dans le désert, on est bien chez Jodo, un tantinet déjanté quand même. Mais le scénario se laisse suivre et ne largue pas le lecteur dès la cinquième page, même si l'intrigue, elle, est à peine entamée dans ce premier tome. Parsemées dans le récit, de jolies considérations sur la vie, la mort, la religion sont habilement amenées.

L'album est servi par un superbe dessin, soulignant les visages et facilitant cette nouvelle entrée dans l'univers complexe de Jodorowsky. La naissance d'un film par la BD.

Marc Suquet


  

Khonrad l'Anti-Baron

Jerry FRISSEN, Alexandro JODOROWSKY, Valentin SECHER

Humanoïdes Associés, 2016
Méta-Baron, T. 2



Moi, Jodorowsky, j'avais bien aimé dans Alef-Thau, L'Incal, Bouncer ou Le Lama blanc, mais dans Méta-Baron, faut-il l'avouer, je ne suis pas le Maître dans ses délires. Bien sûr, je reste bluffé par son côté touche à tout, Jodo ayant aussi bien produit de la BD que du théâtre, du cinéma ou même des bouquins sur le tarot, proposant aujourd'hui gratuitement de la divination par les cartes. Une personnalité foisonnante.

Mais là, l'histoire de Tetanus, persuadé d'avoir trouvé le moyen d'éliminer le Méta-Baron en synthétisant un guerrier suprême, une véritable arme vivante, l'Anti-Baron, m'a... ennuyé ! Un propos qui passera pour étonnant, voir ignare mais la reprise par Jerry Frissen, après La Caste des Méta-Barons, du scénario m'a laissé extérieur à cette histoire complexe que n'a guère rattrapé une colorisation restée bien froide.

Aujourd'hui, Jodo se consacre au cinéma avec une vision intéressante de cet art puisqu'il voudrait le nettoyer de sa pourriture par l'argent. Un jour, peut-être ?

Marc Suquet


  

And back

François BOUCQ, Alexandro JODOROWSKY

Glénat, 2013
Bouncer, T. 9



Sceller la bouche avec du plomb fondu, ça surprend un peu chez Bouncer. Ajoutez-y sexe et coups de fouet et là ça devient un peu trash. Mais ça passe bien, car l'univers décrit par Boucq et Jodorowsky est celui d'un pénitencier transformé, à la suite d'une mutinerie, en lupanar géant au milieu du désert. Bouncer doit s'en évader pour ramener et faire juger Pretty John, le bossu meurtrier.

L'atmosphère singulière est soulignée par ce personnage double porteur d'un masque recouvert de fibres de cactus au niveau de la bouche pour ne pas qu'on reconnaisse sa voix. Mais aussi par les Skulls, ces indiens élevés dans la connaissance du désert et capables de supporter sa température en pleine journée.

L'ensemble décape donc dans ce deuxième tome du diptyque commencé avec l'album précédent. Remuant mais excellent ! Bien sur, à ne pas mettre entre des mains innocentes.

Marc Suquet


  

To Hell

François BOUCQ, Alexandro JODOROWSKY

Glénat, 2012
Bouncer, T. 8



Avec Bouncer, on sait que l'on va toujours passer un moment agréable. C'est aussi le cas avec ce huitième tome de la série. Bouncer se lance à la poursuite de quatre hommes, assassins d'une femme enceinte et de son bébé. Un  scénario simple, efficace et qui ne fait pas que promettre puisque l'on suit la poursuite à travers neige et verglas avec plaisir. Un perso original : Pretty John, l'infâme assassin et amateur de violences faites aux femmes qui offre cinquante dollars aux prostituées pour leur administrer en public des coups de fouet !

C'est bien, mais c'est pas non plus génial : le scénario est classique, bien classique et il ne faudra pas chercher la surprise puisqu'elle n'existe pas. Le dessin est bon et joliment colorié.

Bref, un album sympathique mais sans surprise.

Marc Suquet


  

Sang royal

Alexandro JODOROWSKY, Dongzi LIU

Glénat, 2010
Tome 1
56 pages. 13 euros



Alvar, est laissé pour mort sur le champ de bataille par son cousin qui profite d'une ressemblance physique avec le roi pour prendre sa place à la tête du royaume mais aussi dans son lit.

Jodorowsky, on ne présente plus : depuis 1980 le scénariste chilien est adulé des fans pour L'incal, La caste des méta-barons, Les technopères, Les aventures d'Alef Thau ou encore Bouncer. Du lourd quoi ! Aussi quand moi lecteur, je vois ce nom en couverture de l'album je m'attends à du grand.

Ben... c'est pas franchement le cas. Le scénario du Maître, me semble un peu court et manquer d'imagination. C'est quand même pas super original çà ! L'ambiance est lourde faite de violence, de sexe et d'inceste. Bien sur, l'histoire parie sur un côté Shakespeare, avec des histoires de famille dangereuses à remuer et la vengeance omni-présente dans la tête du souverain berné. Y aurait il donc quelque chose de pourri dans le royaume ?

Le dessin est par contre superbe. A dominance sombre, bien sûr, avec des expressions d'une grande force, à l'exception de la fille d'Alvar, Sambra, dotée d'une face un poil cruche (p. 23).

Bref, un album qui vaut surtout pour son dessin de Dongzi Liu, un jeune dessinateur chinois qu'il faudra suivre. Quant à Jodorowsky, les fans attendront le suivant.

Marc Suquet


Faut il rajouter quelque chose à la chronique de Marc ? Eh bien, oui : mais que Jodorowsky est-il allé faire dans cette galère ? Probablement donner un support au graphisme somptueux de Dongzi Liu, qui donne à ce récit tout son coté épique.

A suivre, donc, le dessin de ce jeune artiste chinois de 28 ans.

Annecat

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