De Vice ou de mort

Nicolas PAQUIN

City Editions, 2010
144 pages, 16 euros



Curieux tout de même que le premier album du groupe The Hints continue à se vendre alors qu'il est épuisé. Abel Bates, étudiant en communication à Montréal et récemment licencié d'un journal, plonge dans le monde des faussaires du disque pour résoudre cette énigme.

On oscille dans ce livre entre l'humour du héros et l'aspect parfois dur de certaines scènes. Le style est pêchu : vif et remuant, parfois même insolent, bref, on ne s'ennuie pas. Grâce à Nicolas Paquin, le lecteur visite le milieu des faussaires du disque. Celui où des compagnies inconnues, comme Hémisphère, mènent un commerce bien illégal. Mais c'est également un milieu au sexe inventif : des boites gay de Montréal à l'étage semé de décors favorisant les ébats novateurs au fêtes très Jet-set dans lesquelles on ne parle pas que de la pluie ou du beau temps. Le héros lui même est plutôt branché "zigoulette", contant fleurette à Fauna, Hélène et Mathilde Anne.

On est à Montréal et comme tout français moyen s'y attend, le texte possède quelques petits bijoux linguistiques comme on les aime : "Ils ne niaisent pas. Ils ont un business pas trop clair et ils y tiennent plus qu'une nonne tient à sa virginité", "et me voilà que je passe pour le bichon qui rapplique chez son sugar daddy". Euh, ...., le mot "tuque" (p. 129), c'est une erreur ou bien c'est inconnu du français moyen ? Renseignement pris chez Wikipedia, c'est un bonnet d'hiver et son appellation est liée au Canada francophone.

Bien sûr, on est pas là en présence de The polar, de celui qui restera dans une bibliothèque aux cotés des Dix petits nègres. L'histoire est originale bien que pas toujours passionnante. La qualité du livre tient plutôt dans le style impertinent de l'auteur. A lire De vice ou de mort, le lecteur passera deux heures agréables dans un bon canapé. Plutôt sympa !

Marc Suquet

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