De beaux moments

JIM

Bamboo, 2015



De petites histoires faites d'humanité : les enfants qui grandissent, l'histoire d'un couple qui vieillit, des cadeaux de Noël angoissants, le tri des photos dans le téléphone, une amitié à base de tweets...

Un album assez sympa, dans les histoires duquel on se retrouve toujours un peu. L'ensemble est agréable, plutôt bien dessiné mais il ne faudra pas chercher beaucoup plus dans cette nouvelle livraison. L'album est le quatrième que chronique notre association, avec souvent un petit air gentillet pour les scénarios de cet auteur, que ne dément pas ce nouvel album. Parfait pour une petite sieste sympathique.

Marc Suquet


  

Un petit livre oublié sur un banc

JIM, MIG

Bamboo, 2014



Voilà une BD mignonne, dans l'aspect positif du terme, c'est-à-dire agréable, mais aussi moins positif, c'est-à-dire gentillette.
Voyons le sujet : Camélia, assise sur un banc pour sa pause de midi, trouve un livre abandonné. A l'intérieur, le soupir de quelqu'un qui s'ennuie et qui confie son destin amoureux au livre. Ça tombe bien, Camélia est moyennement branchée par son copain qui ne pense qu'aux dernières possibilités techniques de son iPad : c'est compréhensible mais à la longue ça peut lasser, comme horizon. De là à se fleur-bleuiser une vie amoureuse putative dont on confie l'avènement à un bouquin déposé sur un banc, il n'y a qu'un pas !

Comme dirait belle-maman, l'histoire est terriblement coin-coin. On assiste au défilé des candidats possibles et souhaités par Camélia, et qui ne se révèlent pas être le mystérieux déposeur de livre au coeur d'amour dévoré. Et puis la copine de Camélia n'est pas non plus très cool avec elle, ou plutôt cool quand ça l'arrange : une vraie copine, quoi.

Quant au dessin, je le trouve un peu dénué de caractère.

Bref, l'adjectif mignon colle parfaitement à cet album !

Marc Suquet


Camélia trouve sur un banc un livre qui semble avoir été oublié là. Oublié ou déposé pour que quelqu'un le trouve ? Elle le comprendra très vite quand elle se rendra compte que des mots entourés çà et là forment des phrases, ou plutôt un message laissé par l'ancien propriétaire...

Malgré un récit charmant sur une pratique de plus en plus répandue, Jim n'a pas vraiment su en saisir la poésie sans en faire une histoire édulcoré. Maladroitement antinumérique et réseaux sociaux, le message évident n'est toutefois pas dénué de l'élégance de la liaison épistolaire. Le dessin très propre de Mig, certes un peu froid, colle à l'ambiance confortable et parisienne qui se dégage de l'album. Se lisant d'une traite comme la plupart des oeuvres de Jim, Un petit livre oublié sur un banc ne figure pas sur le podium de l'auteur, mais reste attachant, à l'image de son héroïne.

Alain


  

Où sont passés les grands jours ?

JIM, Alex TEFENKGI

Bamboo, 2014



Une BD très intime : Fred s'est suicidé mais Hugo a bien du mal à envoyer le 06 de son pote à la poubelle. L'album est aussi l'histoire de trois amis, Hugo, Etienne et Jean-Marc, qui ont tous reçu chez le notaire un étrange cadeau post mortem de leur pote Fred.

L'album est une histoire d'amitié, de potes qui deviennent doucement adultes. Trente ans, c'est plus l'adolescence et il leur faut maintenant assumer leurs choix. La narration à la première personne personnalise le récit. Il aime bien les histoires d'amis, Jim : j'avais aimé L'invitation, l'histoire du pote tombé en rade de bagnole à deux heures du mat et qu'il faut venir chercher. J'aime aussi cet album pour son intimité, la figure contrastée des héros qui sont sympas mais pas trop.

Un beau dessin épuré d'Alex Tefenkgi.

Ici, un entretien avec Jim.

Marc Suquet


Hugo, Hugo, Hugo, Hugo ?

Toi, Etienne et Jean-Marc venez de perdre votre quatrième larron : Fred. Fred, dont on ne sait pas grand-chose, sauf qu'il avait le goût de l'énigme quand on voit ce qu'il vous à légué dans son testament, à toi et tes potes. Toujours le truc pour faire réagir, Fred. Mais de là à se suicider ? On a tous des emmerdes et comme le dit Etienne, "c'est pas facilement quantifiable, les emmerdes des autres".

Hugo, Hugo, Hugo, Hugo ?

Tu te poses des questions sur la vie, la mort, sur le but et la raison de ce que l'on fait et de ce que l'on endure ici-bas ? Oui, comme tout le monde. Mais est-ce une raison pour mentir à Alice et Violette, la femme et la fille qui construisent ta vie ?

Dans cet album bouleversant, d'une tristesse profonde et juste, l'auteur de Une Nuit à Rome pose ses questions avec douceur et nous fait sentir étrangement nostalgiques. Assorties de dessins réalistes et doux comme la soie, les planches de cette histoire ordinaire nous accrochent et nous marquent comme seuls les vrais amis peuvent le faire.

Alain


  

Une nuit à Rome

JIM

Bamboo, 2012



Bonjour la promesse : jurer à sa copine à vingt ans que l'on passera ensemble la nuit de ses quarante ans. Une promesse pas très facile à tenir pour Raphaël qui, deux jours avant la date fatidique, affiche dans sa vie une super copine, Sophia, des potes sympas... Fera-t-y ou fera-t-y pas le numéro de téléphone qui accompagne la cassette vidéo envoyée par Marie pour lui rappeler sa promesse ?

La réponse n'est pas très difficile à trouver et on imagine bien que, sans cette tentation, pas d'histoire, pas de BD ! Mais le scénario est plutôt intéressant : le genre d'histoire qui touche parce qu'on s'imagine toujours pas si éloigné de ce genre de scénario. Parce que, également, les femmes "toxiques, vénéneuses qui savent attirer les hommes vers les emmerdements", ça existe, comme l'avoue Jim, le dessinateur et scénariste de ce travail. Il n'ajoute pas que les hommes sont parfois un poil couillons pour y succomber !

Une jolie citation de Françoise Giroux en intro : "Se souvenir c'est s'écorcher".

Un album sympa avec un dessin assez agréable.

Marc Suquet


  

L'Invitation

JIM, Dominique MERMOUX

Vents d'Ouest, 2010



Raphaël et Helen dorment. Le téléphone sonne : ce n'est pas le boulot, mais Léo, qui est en rade avec sa vieille bagnole à plus d'une heure de route. Et Léo n'a aucune autre solution que son vieux pote Raphaël. Arrivé sur les lieux de la panne, Raphaël va découvrir les vraies raisons de cet appel téléphonique nocturne.

Voilà un sujet original. Pas d'aventures ni d'amour dans ce nouvel album, mais bien plutôt une question obsédante : mes amis sont-ils de vrais amis ? Aussi le piège, mis en place par Théo puis copié par Raphaël, est-il une superbe stratégie, montée pour répondre à cette angoissante question.

La psychologie des personnages est essentielle : de Léo, gonflé, cynique et moqueur à Raphaël pas franchement sûr de lui, parfois un peu innocent et en mal de vraie amitié. Le ton est touchant et humain. On est près ici du roman graphique : tout est dans le texte et les réflexions des personnages face à une situation inédite. Le texte est fait de paroles dites entre amis. Il est parfois un peu trop long, comme en milieu d'album, lors du piège d'amitié monté par Raphaël.  

L'histoire est divisée en six actes : du vrai théâtre. La fin est un joli moment d'humanité. Le dessin est plutôt bon avec des expressions bien nichées sur les visages des protagonistes de l'histoire.

L'album est finalement touchant car très personnel. Aussi le lecteur oublie-t-il rapidement les quelques longueurs pour se concentrer sur cette tranche de vie.

Marc Suquet

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