Mega-krav-maga, tome 2

FRANTICO, Mathieu SAPIN, Lewis TRONDHEIM

Delcourt, 2010
coll. Shampooing



Suite et fin de la pochade "hénaurme" (comme dirait Télérama) des dessinateurs les plus caca-prout du moment dans le paysage de la BD française. Bon, disons-le clairement, il n'y avait rien de subtil dans le premier tome. Et bien dans celui-ci il y a encore moins que rien. Finalement ce sont des myriades de factions de MKM qui s'affrontent pour récupérer Mathieu et Frantico, et en fait sont à la recherche du gourou ultime de leur discipline qui doit désigner son successeur. Leurs différentes tendances rappellent les scissions multiples des partis politiques écologiques à leurs plus beaux jours (les verts-cuisine au gaz, les verts-huile de pépin de courge troisième pression à froid, les verts-pratique du banjo et récupération des dégagements méthaniers des ordures domestiques, etc.) C'est comme la première fois du grand n'importe quoi qui peut faire rire ou pas, c'est selon. Quoi de plus personnel et inexplicable que l'humour ? Enfin, ceci est le dernier tome de la série. Tant mieux, car même quand on aime il n'en fallait pas plus. La petite influence rigolote que j'ai notée qui m'a plu : au tiers de l'album, on reconnaît les rebondissements et virages à 180, 360, 720 degrés qu'il y avait dans un petit opus de Lewis Trondheim publié à l'Association, Imbroglio, qui lui pour le coup était du grand art (ce que je ne peux honnêtement pas prétendre pour celui-ci). Anecdotique au final, l'expérience ne donne pas envie d'être réitérée.

Marion Godefroid-Richert


  

Méga krav maga

FRANTICO, Mathieu SAPIN, Lewis TRONDHEIM

Delcourt, 2010
189 pages. 8.5 euros



Mathieu et Frantico sont à Lisbonne pour un festival de bloggeurs BD. Abordés par un homme étrange et son frère, ils se retrouvent rapidement embringués dans une lutte à mort entre deux factions rivales de méga krav maga, un art subtil qui dérive de la technique de combat israëlienne classique en plus abouti. Séparés rapidement, les deux compères voyagent jusqu'en dehors de l'Europe pour sortir de pièges mortels.
Du grand n'importe quoi rigolo, voilà à quoi on s'attend en regardant cette association de noms au fronton de la couverture. Et c'est ce qu'on obtient. Irrévérencieux, politiquement incorrect, drôle de bien des manières mais pas très fine ni subtile en tout cas (et ma foi, ça fait du bien). Un récit sympa. On en attend les développements avec un brin d'appréhension cependant. Combien de temps le charme va-t-il durer ? Jusqu'à présent seuls deux tomes sont annoncés, ça devrait donc pouvoir tenir la route.

Marion Godefroid-Richert


LE livre qui m'a réconcilié avec le Krav Maga. Je ne m'étendrai pas sur les raison de ce désamour mais la lecture de cette superbe petite (par la taille) bande dessinée me donne de bonnes raisons de croire que le monde pourra être meilleur un jour.
C'est en parodiant à merveille le style actuellement surexploité de la chronique bloguesque des humeurs de dessinateurs que ces dieux du 7ème art racontent les aventures les plus improbables du monde. Le début laisse penser que ce n'est justement qu'une retranscription de plus de la vie romancé de quelques auteurs qui daignent nous faire partager leur vie. C'est drôle et très vite, la satire apparaît doucement avec un peu (beaucoup) d'autodérision. Ce n'est que pour mieux nous tromper quelques pages plus loin. Quand le méga Krav Maga apparaît, on se dit que c'est un délire de quelques pages et que l'on va revenir vite fait aux histoires de festivals et aux problèmes gastriques ou sexuels des héros. Mais non, le titre a vraiment une raison d'être et il dit la vérité. C'est de la transmission et de la protection d'un art martial pourtant pas millénaire dont il s'agit.
A l'origine de déjà plus d'un style de bande dessinée, Lewis Trondheim détruit lui-même un de ses fonds de commerces pour inventer un nouveau genre. Il sera vite copié mais pas de souci pour lui car il connaît personnellement Frantico et ce dernier maîtrise le Méga Krav Maga.

Roland Drover

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