Les artistes s'engagent contre le sida

AIDES

Glénat, 2009
91 pages. 14 euros



Sur 90 pages, des artistes illustrent le grave problème du sida.

Comme il est difficile de juger ce type de travail. Le fond porte bien sûr au respect : une soixantaine de dessinateurs s'associent à AIDES et Glénat pour lutter contre le sida et ce en reversant leurs droits à AIDES. Et il y a urgence puisque l'introduction de cet album rappelle qu'une nouvelle personne est contaminée toutes les 6 secondes !
L'album est bien construit en chapitres successifs, racontant les éléments de la vie d'un malade : urgence, discrimination, traitements, prévention et informations et enfin épidémie. L'introduction de Bertrand Delanoë, insiste sur la solidarité nécessaire face au virus. Bref, une collaboration comme tout le monde en souhaite pour un sujet capital.
Pour le travail lui même j'y ai trouvé des idées intéressantes comme les réactions stupides face au port de la capote (Garguilo, p. 14), la discrimination vécue par les malades (Lisa Mandel, p.30 : saviez vous que les Etats Unis appartiennent aux 11 pays qui refusent l'entrée des personnes séropositives sur leur territoire !), ou le "faux cutage" régnant face aux malades (Fortu, p.31). J'ai aimé l'humour de Miniac concernant les liens église et sexualité (p. 56 et 57) comme celui de Moralès sur le même sujet (p. 64). Ou encore celui de Chapatte (p. 86) sur les relations entre pays développés et en voie de développement.
La critique de ce type de travail est donc difficile quand on constate quelques défauts : un humour à certaines pages tombant un peu à plat ou des dessins sans surprise à l'exception de celui de Phil Burns (p. 42).
Bref, il faut distinguer entre l'objectif de la BD qui ne peut que rallier les lecteurs et la réalisation, qui même si elle montre de l'humour, manque un peu de graphisme.
La conclusion est que, bien sûr, il faut acheter cet album tant son objectif est primordial. Alors merci à AIDES et Glénat de s'être associés pour ce travail de salut public.

Marc Suquet

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