Mais le fleuve tuera l'homme blanc

Patrick BESSON

Fayard, 2009
483 pages. 21 euros



Blandine de Kergalec, un ancien officier de la DGSE, est reconnue dans un avion à destination du Congo par Christophe Parmentier, cadre d'une compagnie pétrolière. Par amour pour l'espionnage, ce dernier va la suivre dans Brazzaville et rencontrera de nombreux personnages originaux tels que Pouchkine, un étudiant peintre, Mariko une japonaise un peu perdue un peu nympho ou encore Elena Petrova, une russe oubliée par les communistes et travaillant dans l'import-export. Tous ces personnages seront mêlés à un règlement de compte violent entre Tutsis et Hutus.

Il y a tout dans ce bouquin pour en faire un délice : une histoire d'espionnage et des caractères originaux. Mais aussi une profonde connaissance de l'Afrique (le titre du bouquin est inspiré d'une chanson congolaise), de ses réseaux et de la Francafrique, l'expression faisant allusion aux réseaux d'influence française en Afrique. On y retrouve des personnages célèbres comme Alexandre de Marenches, l'homme qui réforma le SDECE au début des années 70. Le livre fourmille d'histoire africaine et surtout évoque longuement le génocide qui, du 6 avril au 7 juillet 1994, fit 800 000 morts. On y découvre l'Afrique dévorée par la corruption. Bref, quelque chose de tentant par son fond.

Mais voilà, la forme ne suit pas le fond de ce bouquin. Les détails historiques sont multiples et parfois trop : la géopolitique rwandaise ou les oppositions entre partis sont parfois vraiment longs. Et puis, il y a le style de l'auteur : lent et presque sans dialogues. Les 483 pages ne sont pas du tout aérées et la première impression de gros bouquin se transforme un peu trop vite en pavé indigeste. Le lecteur s'essouffle donc. Quel dommage avec un tel fond et une telle connaissance de ce continent !

Marc Suquet

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