Panthéon, le tombeau des dieux endormis

Eric ADAM, Didier CONVARD, Nhek HAN

Glénat, 2012



Les eaux ont monté, provoquant la migration des terriens vers la Lune. Mais un mal ronge cette société : les suicides y sont de plus en plus fréquents, peut être provoqués par le manque de mémoire dont souffrent ces immigrés. Une mission prend donc le chemin de la Terre à la recherche de son histoire.

Le scénario me semblait sympa, le manque de racines pouvant tout à fait être à l'origine du mal-être d'une société. Mais quel dommage... Le dialogue est sophistiqué et se la pète un peu : "Le passé est l'âme, la conscience du présent. La vie ne peut être immobile. Tout l'univers n'est que mouvement, action, élan, essor... Le temps lui-même est énergie". Et à la longue, la lecture devient très lassante !

Quant au dessin, je le trouve assez élémentaire, froid et dénué de détails. Bref, une bonne idée, mais mal exploitée.

Marc Suquet


  

L'Assassinat du Père Noël

Eric ADAM, Didier CONVARD, PAUL

Glénat, 2010



A Mortefond, un petit village de Lorraine, on s'apprête à fêter Noël. Mais le buffet qui suit est interrompu par une nouvelle horrible : "On a assassiné le Père Noël".

Ca commence à la Don Camillo et Peppone, avec l'infâme rouge qui vient entamer l'Internationale bien fort, juste au moment de l'Agnus dei! Comme dans les adaptations au cinéma de cette célèbre farce, on finit par se réconcilier autour d'agapes et l'horrible communiste anticlérical sert une mirabelle au curé. Mais voilà, l'assassinat du Père Noël ? une fonction habituellement tenue par le père Cornusse, qui en profite pour bien se rincer le gosier ? est de taille à modifier sensiblement la mécanique festive du village.

L'ambiance du village est omniprésente, avec ses histoires d'amour, de passé mal digéré, de souterrains creusés par les villageois puis par la suite oubliés, ou encore de tentative d'assassinat : pas si calme que ça, Mortefond ! Les persos sont intéressants : M. Lepic, touriste arrivé par hasard à Mortefond et que la qualité d'avocat-détective va placer au centre de l'enquête, mais aussi le baron qui en pince pour Catherine.

Le scenario, qui s'appuie sur un film de Christian-Jaque (1941), lui-même adapté d'un livre de Pierre Véry (1934), l'auteur de Goupi-Mains rouges, sait ménager rebondissements et intrigues. Il ne manque pas de finir avec une scène traditionnelle à la Bourrel, sans son "Bon Dieu mais c'est bien sûr", mais plutôt des habitants du village rassemblés dans le bar et la phrase qui tue : "La personne qui a assassiné le Père Noël, c'est vous... Tatatata !"

Voilà un album plutôt bon, avec une vraie ambiance de village et bien dessiné. Sympa !

Marc Suquet


  

Le Sang des innocents (Neige Fondation - Tome 1)

Eric ADAM, Didier CONVARD, Jean-Baptiste HOSTACHE, Didier POLI

Glénat, 2010



Le monde d'avant est un souvenir. Un hiver éternel plane aujourd'hui sur l'Europe. Boris emmène le clan du Vol-de-l'est, un groupe de chasseurs, vers l'hospitalerie afin que sa femme Edith puisse accoucher en toute sécurité...

Neige est une des séries culte de Glénat, comptant treize tomes et éditée initialement dans Tintin. On trouvera ici le résumé et quelques dessins des épisodes précédents. Le dernier épisode de la saga écologique est paru il y a trois ans. Inutile d'avoir lu les treize tomes pour s'attaquer au premier album de Neige fondation.

C'est plutôt pas mal ! Le scénario est assez prenant, même si très simple au départ : comment mettre son clan à l'abri en évitant les autres groupes humains, comme les croque-mitaines, pas spécialement cool avec leurs semblables. Pas de temps mort en début d'album, puisque l'on démarre sur une scène de chasse. Il y a des rebondissements avec la capture des chasseurs et leur intégration dans les usines à sang des croque-mitaines.

Dom Cruor, l'un des croque-mitaines, est un horrible personnage qui se soigne du mystérieux mal d'Orion en s'abreuvant du sang de ses prisonniers et, si possible, de bébés ! Un gars sympa qui n'hésite pas à capturer de nombreux humains et à les trier en fonction de leur capacité à le guérir, puis à les prélever deux fois par jour pour sa conso personnelle !

Le dessin de cette nouvelle série est efficace sans être pour autant original. Curieux, tout de même, ce deuxième tome qui commence à la page 54 du premier, et ce pour trois pages avant la fin de ce premier album...

Pour ceux qui ignoreraient le mot "préquel" (y a-t-il encore des incultes qui point ne l'emploient ?) utilisé par la maison d'édition pour présenter ce nouvel album, il désigne une oeuvre réalisée après une oeuvre donnée, mais dont l'action se déroule avant : un épisode avant, réalisé après, koââ ! Puisqu'on vous le dit. Et si on vous éclaire d'un exemple genre Star Wars I à III, ça sera plus facile à comprendre. Comme quoi, ce site est terriblement intellectuel !

La bande annonce est ici. Ca démarre bien, ce préquel (!), on attend la suite.

Marc Suquet


  

La théorie du Chaos

Didier CONVARD, Jean-Christophe THIBERT

Glénat, 2009
Kaplan & Masson, Tome 1
55 pages. 12 euros



Albert Bernstein, scientifique hanté par sa participation à Hiroshima et à Nagasaki, est assassiné. D'autres membres du Comité de lutte contre la prolifération des armes atomiques qu'il avait fondé, sont également assassinés. Etienne Kaplan, des services secrets français va mener l'enquête en compagnie de Nathan Masson, jeune et brillant scientifique.

En lisant La théorie du chaos, il est impossible de ne pas penser à Black et Mortimer : non seulement dans le scénario mais aussi pour le couple d'enquêteurs. On est dans le classique, entremêlant scènes d'action rythmées et discussions dans des atmosphères feutrées souvent bien proches de celles des clubs anglais et bien sûr un verre de whisky et une cibiche scotchés dans la main. Mais attention, une secrétaire amoureuse, que l'on retrouve nue dans le paddock du patron, là on oublie la référence d'Edgar P. Jacob !

L'album s'appuie sur une référence historique exacte : celle du Comité d'urgence des scientifiques atomistes, fondé en 1946 par Einstein et Szilard, dans le but de faire prendre conscience à l'opinion du danger des armes atomiques.

Le scénario fait également rentrer en scène des personnages intéressants : Roger, le patron du restau au nez bourgeonnant et à la réflexion plein de bons sens, ou monsieur Sensei, qui arrête les poignards en plein vol les yeux bandés et contribuera efficacement à l'enquête.

Le dessin de J.C. Thibert est efficace, dépourvu de détails. Un vrai dessin d'album classique.

L'ensemble est direct, pêchu, bien boutiqué et sans prise de tête : voilà donc une histoire d'espionnage réussie qui maintient éveillé le lecteur de bout en bout. La série devrait comprendre plusieurs tomes, mais chacun illustrant une histoire complète.

On trouvera ici une présentation filmée de l'album.

Marc Suquet

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