Ville Tombe

Olivier-G. BOISCOMMUN

Drugstore, 2011
La Cité de l'Arche, T. 2



On a quitté le tome 1 avec cet espoir : la Cité de l'Arche semble exister, celle où la légende dit qu'hommes et femmes vivront ensemble heureux. Anathaël retrouve Orée qu'il cherchait à travers la ville. Mais il est toujours aussi peu motivé par les leçons d'hyperception du vieil Escarre. La Taupe, le frère d'Anathaël, et ses comparses, les habitants des souterrains, organisent un attentat contre les troupes du Grand Présideur.

Les dessins sont, comme dans le tome 1, très beaux (voir ceux de pages 8 et 9) : une dominante grise qui donne à cet univers futuriste un caractère pas top fun. Les visages orangés se détachent sur cette ambiance tristement mono couleur.

On reste tout de même un peu sur sa faim. Il se passe des choses en effet dans ce deuxième tome : un attentat, des retrouvailles entre Anathaël et Orée, même si elles sont de courte durée. Mais ces évènements semblent un peu secondaires et on a bien du mal à comprendre la clef du monde dont l'auteur ne donne que quelques aperçus. On ressort du tome 2 avec une impression un peu superficielle, même si l'album n'est pas désagréable à lire.

Certains éléments restent bien légers : qu'est donc l'hyperception, qui semble conférer des pouvoirs extraordinaires ? Qui sont les rampants, qui attaquent Anathaël lors de son retour dans la ville ? Et surtout, quel est donc le régime et l'objectif du Grand Présideur, que l'on voit apparaître de façon trop courte pour qu'on soit vraiment intéressé par le personnage et son pouvoir : probablement un régime autoritaire qui contient les manifestations à coup de psylogaz ?

Bref, un album qui séduit plus par la forme que par le fond. On en est déjà au tome 2 et on aimerait plus de consistant. La série devrait compter quatre tomes : on ira voir avec plaisir le site de la série.

Marc Suquet


  

Ville Lumière (La Cité de l'Arche, T. 1)

Olivier-G. BOISCOMMUN

Drugstore, 2010



Les habitants ont oublié pourquoi les murs entourent la cité et pourquoi la vie est si terrifiante dans ce ghetto. Mais les infidèles se révoltent contre le pouvoir autoritaire du Présideur en détruisant les pigments nécessaires au bon fonctionnement de l'androïde. L'espoir réside dans le passeur qui doit conduire les infidèles vers la Cité de l'Arche.

C'est sûr, le scénario ne va pas révolutionner la BD. Des habitants qui s'opposent à un pouvoir autoritaire, c'est un peu du déjà vu. Mais le thème du Bien et du Mal est un éternel de la SF autour duquel le genre brode ses différentes déclinaisons.

Le dessin est soigné, plein de détails et montre le souci de présenter un univers futuriste où l'architecture prend son importance. Une idée à la Schuiten, mais présentée différemment ici. Les vues des toits, comme par exemple celles de la première page, sont plutôt réussies.

Les personnages sont intéressants : ainsi ce jeune garçon qui fréquente les quais pour apercevoir quelques secondes sa belle, prêt à se faire tabasser pour récupérer un brin d'herbe, ou l'horrible Présideur, à la tête proche de celle d'une momie.

Bref, la mise en page n'est pas ennuyeuse. On attend la suite...

On trouvera ici quelques images.

Marc Suquet


Sur un sujet un peu rebattu, l'auteur (ici scénariste et dessinateur) construit un univers en huis clos où le monde survit sans trop savoir comment ni pourquoi. Une petite galerie de personnages s'installe et se présente durant ce premier tome en attendant que l'auteur laisse libre cours aux histoires de tout ce petit monde dans les trois tomes qui devraient suivre. Parmi eux se trouve le sauveur que la plupart attendent ou espèrent. La présentation est relativement bien soignée et certaines cases de grand format laissent imaginer la dure réalité de la vie dans cette cité de l'arche. La profusion de détails n'échappera à personne mais il est dommage que ces détails soient le plus souvent des taches de couleur et des rustines à tous les niveaux. Pas un mur, pas un costume ni une surface sans sa tache et sa couture exception faite de la police des nantis qui se différencie ainsi de la plèbe qu'elle exploite sans vergogne. En résumé, un sujet un peu trop classique traité de manière un poil caricaturale mais une histoire qui accroche suffisamment pour donner envie de découvrir la suite.

Roland Drover


Anges, psaume 2

Olivier-G. BOISCOMMUN, DIETER

Humanoïdes Associés, 2004



Yésold et Jéliel, anges de leur état, se sont bien tiré d'événements passés à Saint-Eustache. Ils sont donc nommés anges gardiens de première classe et envoyés en mission avec Uriel en tant qu'enquêteurs spéciaux en Bretagne, dans un pensionnat de jeunes filles menacées par d'étranges phénomènes diaboliques. Marie-Roberte, la directrice de l'établissement, soupçonne la jeune Lucille d'être à l'origine de ces diableries. Celle-ci accuse Blanche, la préférée de Marie-Roberte.

Voilà une BD agréable. Les héros, trois petits anges, sont plutôt sympathiques, un peu foufous. Les autres personnages sont bien campés eux aussi : soeur Marie-Roberte est telle que l'on pourrait se l'imaginer : sèche, jalouse et injuste. Le scénario n'est pas bien passionnant mais il y plane assez de mystère pour retenir l'attention. Enfin, le dessin est agréable, avec une dominante rouge dans les premières pages. Un album plutôt sympathique.

Annecat

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