Gérard Depardieu - Le biopic en BD

Sergio SALMA

Bamboo, 2014



Impossible de penser à Gérard Depardieu sans voir se pointer un immense sentiment de déception et de gâchis. Depardieu, dans ma jeunesse c'était le libertaire des Valseuses ou l'exquise subtilité de Cyrano. Entre "on est pas bien là, à la fraîche, décontracté du gland" et les déclarations par personne interposée de son amour à Roxane, quel acteur ce Gérard !

Mais voilà, Depardieu, c'est aussi un soutien à Sarko signalant de façon incroyable que ce dernier ne faisait que du bien, la confiance à Poutine, un évadé fiscal, un briseur de grèves soulignant leur côté ridicule... enfin bref, Depardieu c'est LA déception.

Alors, faire une BD sur Depardieu, pourquoi pas, mais il n'est plus un homme émouvant. Mais bien plutôt l'homme de la provoc' dont on se demande s'il est bien conscient de ce qu'il dit ou fait... Cette BD est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur sa vie et notamment sur son enfance. Mais bon, franchement ça ne va pas très loin, ni par le dessin ni par le fond.

Faut vraiment aimer Gégé pour lire cet album !

Marc Suquet


  

Mamy Blues

André GEERTS, Sergio SALMA

Dupuis, 2010
Jojo, T. 18



Jojo participe à un jeu-concours. S'il est tiré au sort, il gagnera une croisière. Ca serait bien, Mamy ne s'intéresse plus à grand chose. La chance leur sourit, et ils embarquent avec Gros-Louis. A bord, chacun fera une expérience : Mamy va rencontrer un vieux loup de mer, Jojo, une fille avec du caractère et Gros-Louis, le mal de mer.

Les univers d'André Geerts sont un monde à part. C'est un va-et-vient entre le monde des adultes et celui de l'enfance. La série Jojo ne déroge pas à la règle. Ce petit garçon ne connaît pas sa maman. Ca ne l'empêche pas d'être toujours dynamique, de jouer avec son meilleur ami Gros-Louis et d'essayer de bien travailler.

Ce 18e tome est à part. André Geerts nous a quittés avec cet album, intitulé très justement Mamy Blues. L'histoire, malgré son titre, est pleine d'entrain, de vie. A travers une croisère qui devrait redonner du tonus à Mamy, on en apprend plus sur les personnages. Seul Gros-Louis a un rôle moins important, dû à son mal de mer. Jojo va grandir dans cet album. Il rencontrera Mado, une jeune fille spéciale, et va perdre un peu de son enfance. Mamy, personnage central de l'histoire, va traverser l'album doucement. Si elle paraît moins énergique et pose sans cesse des questions sur le "pourquoi du comment", André Geerts ne la montre pas avec pitié. Elle reste cette Mamy pleine d'entrain. Quant au couple Semaine, René et Jasmine, ils se soutiennent face à l'adversité. Mamy Blues est une très belle histoire de vie, avec ses rencontres et ses difficultés.

Pour mettre en valeur cette écriture sensible, le dessin d'André Geerts fait merveille. Son trait est rond, doux. On se sent à l'aise dans son monde et on prend plaisir à partager la lecture. l'auteur montre une capacité à manier le trait rond et les détails qui sont autour des personnages. Quelques cadrages sont inventifs. Les couleurs, bien choisies, vont harmoniser l'ensemble.

Mamy Blues est-il un album hommage ? Non,certainement pas. La série Jojo est pleine d'humanité comme la moins connue Mademoiselle Louise. Si la disparition de l'auteur nous rend tristes, il nous reste son oeuvre, sa mémoire. André Geerts disait aimer la vie. Ses séries en sont la preuve. Jojo fait désormais partie des classiques de la bande dessinée.

Temps de livres


  

Coucou tristesse

Baron BRUMAIRE, Sergio SALMA

Glénat, 2009
64 pages. 13 euros



Des strips d'une page illustrant la tristesse.

Des petites histoires sans une parole d'échangée entre les protagonistes. C'est doux, amer, souvent cynique mais le plus souvent bien vu. J'ai ri en lisant ces petits faits quotidiens mais le plus souvent d'un rire jaune : ainsi les parents rassurés sur la sexualité de leur garçon qui porte de grandes bottes, parce qu'il s'avère finalement être un sympathisant nazi ! Ou encore les techniciens de la morgue qui utilisent un des casiers réfrigérés destinés aux cadavres, pour entreposer leurs bières au frais.
 Les registres sont variés mais le plus souvent percutants. C'est pêchu, souvent animé d'une certaine tendresse. Un bon album.

Marc Suquet


  

Bagdad KO

Marco PAULO, Sergio SALMA

Drugstore, 2009
64 pages. 10 euros



Quelques planches d'une à deux pages sur la guerre en Irak et spécialement à Bagdad.

Le moins que l'on puisse dire c'est que cet album a la pêche ! D'entrée de jeu, le lecteur découvre la carte d'Irak imbibée de ketchup et la mention : "Les auteurs tiennent à remercier Georges W. Bush. Sans lui, ce livre n'aurait pas pu exister". Et c'est parti pour 64 pages d'humour qui m'ont vraiment fait rire. Pas de l'humour convenu, du bon qui décape, pas franchement politiquement correct. La plupart des sujets décrivent les problèmes quotidiens du soldat américain perdu en Irak. Le dessin est simple et percutant.

A la lecture de ces chroniques, publiées dans l'Echo des savanes, on comprend facilement que les deux auteurs ne sont guère séduits par la politique interventionniste des USA en Irak. Du vrai humour noir qui fait pleinement saisir les contradictions de ce conflit.

Marc Suquet

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