B.Y.

Joël BECAM

L'Amour Délivre, 2009
254 Pages. 15 euros



Pour les infortunés qui ont connu les affres de la dépression nerveuse, Alan, biologiste génial a trouvé la solution: il a mis au point B.Y la molécule qui redonne l'élan perdu, l'envie de vivre, de désirer, de faire des projets, des rencontres, de guérir en somme.

Mais B.Y suscite la convoitise d'indélicats prêts à tout pour l'obtenir et la diffuser largement via un cheval de Troie imparable afin de transformer l'humanité entière en consommateurs fous, avides de bouffe, de gnôle, de sexe, de voitures, de montres, en bref de tout ce qui s'achète (on met dans l'ordre que l'on veut bien entendu !) De quoi enterrer radicalement l'idée même de décroissance prônée par des connards chevelus à la grande joie des capitaines d'industrie du monde entier qui ne veulent que notre bonheur c'est bien connu !

Bon là vous me dites : ah bon ce n'est pas déjà le cas ? et là je réponds : si mais avec B.Y c'est pire, et puis vous m'enquiquinez avec vos questions à la flan !

Alan subissant les pires menaces (voir leur exécution !) devra se résoudre à livrer sa molécule, avant de relever la tête aidé par une complice inattendue pour tenter de révèler au monde l'odieuse machination.

Un thriller scientifique donc, et de fort bonne facture, passionant, voir philosophique quant au questionnement sur notre quête consumériste et notre inaptitude à trouver un vrai sens à l'existence (je veux dire ailleurs que dans les magasins !)

Chacun des protagonistes, méchant, gentil, second couteau ou commanditaire apporte son éclairage au déroulement de l'histoire jusqu'à la conclusion désenchantée (comme dirai Mylène, la chanteuse pas la coiffeuse !)

Je finirai en disant : achetez ce livre, achetez-en deux ou plutôt douze et puis une bibliothèque pour les mettre c'est mieux, et puis un plus grand appartement pour mettre la bibliothèque, ou une maison avec un triple garage, et puis des chaussures bleues...mais qu'est ce que je raconte ! ARRRGH... je suis touchée !

Gaëlle


Je ne me risquerai pas à changer une ligne du brillant résumé de Gaëlle car tout y est ! Non je vais juste me permettre de m'associer, non pas à la folie consumériste qui la frappe, mais à son enthousiasme pour cet excellente surprise que représente B.Y.

Le parti choisi par Joël Becam de "faire raconter" les différents protagonistes, soutient le coté thriller du récit de façon très agréable et les points de vue de chacun d'entre eux ouvrent sur des pistes de réflexion et là je rejoins encore ma petite camarade sur je cite "notre quête consumériste et notre inaptitude à trouver un vrai sens à l'existence (je veux dire ailleurs que dans les magasins !)"

Alors n'hésitez pas à vous procurer B.Y et ne vous inquiétez pas, il ne paraît contagieux que sur les gens prédestinés.

Annecat


L'avantage d'être le troisième à rédiger une chronique, c'est qu'il n'est plus indispensable de faire le résumé du bouquin.

BY c'est une bonne surprise. Le style est dynamique : pas de description à la langueur castriste monotone, assassinant le moindre espoir que l'auteur en arrive enfin au sujet qui tirlipotte votre intérêt personnel. Pas de gros plans sur les clous de la porte que le héros ouvre, détaillant besognieusement la couleur, la forme et le niveau de rouille des outils du menuisier. Non, on est ici directement dans l'action et les chapitres sont délibérément brefs. On est donc bien loin de s'y ennuyer. J'ai bien aimé les regards complémentaires des différents protagonistes qui éclairent, chacun à leur façon, la situation. On pense bien sur à Pulp fiction dans la construction.

Quant à la réflexion de fond du travail de Joël Bécam, elle est tout à fait actuelle. Finalement pourquoi "travailler plus
pour gagner plus" ? Un bon bouquin !

Marc Suquet

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