Les Aubes douces d'Aldalarann

François BOURGEON

Delcourt, 2014
Le Cycle de Cyann, T. 6



Suite et fin des aventures de Cyann, l'héritière sensuelle et sauvage de la dynastie Olsimar perdue aux confins des cercles de l'entretemps (non, vous n'aurez pas de résumé, penchez-vous sur la série). Elle accède enfin à la planète de son amour disparu Ilui, le dresseur de trotiles, après avoir permis à Eni Bolgome de venger Azurée. Sur Aldalarann, la belle Cyann Olsimar trouve enfin une opportunité d'abandonner le fardeau de sa vie passée et de démarrer une nouvelle existence. Une vie simple, communautaire, où elle s'autorise enfin à penser aux autres autant qu'à elle-même. Une vie qui lui permet aussi de trouver l'amour, fonder une famille, échapper au grand Orbe. S'apaiser, à jamais loin du monde qui l'a vue grandir et lui a tout pris.

Que dire sur l'achèvement d'un cycle d'une sommité du neuvième art ? Un bon niveau du dessin, un scénario qui se laisse suivre, une petite pirouette finale qui n'était pas très utile mais qui ne gâche pas trop un ouvrage somme toute mineur de ce grand monsieur qu'est François Bourgeon. Il n'aura pas réussi à me passionner pour sa créature. Trop tendance à avoir le téton pointu et les revendications puériles peut-être ? Il la lâche quand elle commence enfin à dépasser l'adolescence dorée et gâtée caricaturale de ses débuts. On ne réclame pas forcément des héros vertueux mais un minimum de qualités autres que son joli derrière et son intelligence non exceptionnelle n'aurait pas nui à la demoiselle. La fin de ce cycle n'est donc pas un drame mais laisse un petit goût de regret. Remarquez au passage que le bougre a du mal à clôturer les aventures de ses héroïnes avec panache. La fin des Passagers du vent avait déjà fait grimacer plusieurs générations de lecteurs fans de la belle Isabeau. Difficile de contenter tout le monde avec une conclusion à la hauteur de toutes les attentes. Enfin, peut-on raisonnablement en demander plus à Bourgeon et Lacroix qu'à Georges Lucas ? Il faut voir où est l'avantage de cette situation : le dessinateur va de nouveau pouvoir se consacrer à autre chose qu'à une brunette dénudée portée sur les cabrioles horizontales et les caprices.

Marion Godefroid-Richert


  

La petite fille bois caïman: Tome 2

François BOURGEON

12 bis, 2010
70 pages. 15 euros



Sa famille décimée, Zabo Murrait quitte la Nouvelle Orléans pour se réfugier en Louisiane. Isa, sa grand mère, va lui raconter sa propre jeunesse : l'existence de sa fille qu'elle fait passer pour l'enfant de son frère, sa vie dans la même maison que Jean Murrait un vieil homme riche, agréable et instruit et sa rencontre avec Jean.

J'avais trouvé le 1er tome de ce diptyque peu convaincant. Celui ci l'est beaucoup plus. Il bénéficie du cadre exposé dans le premier volume et est donc libéré du poids d'un contexte à présenter au lecteur. Il y a plus de rythme ici que dans le premier tome.

On pourrait penser que les dessins manquent de finition. Le visage de grand mère présenté p. 11, comme le visage malicieux de grand père de la p. 21 infirment cette idée. J'ai aussi aimé des visages qui, malgré une grande sobriété dans les traits, expriment parfaitement une expression comme ceux de Zabo en p. 10 ou 11, par exemple.

Voici donc la fin des passagers du Vents. Une série que l'on a connu en embarquant à bord du Triomphant, un navire français de 74 canons, tout en tournant les pages de La fille sous la dunette. C'est avec un zeste de tristesse que l'on referme le dernier tome de cette fresque de presque 25 ans. Ça n'est pas anodin quand on se souvient des délicieux moments de lecture que l'on a pu passer avec Les passagers du vent. Débutée en 1979, la saga d'Isa a été une vraie révélation pour de nombreux lecteurs éblouis. Voilà donc l'occasion de vous remercier, Mr Bourgeon, d'une histoire dont je me suis régalé. Respect !

On trouvera ici, le site officiel de la série.

Marc Suquet


Suite et fin du récit de la vie d'Isa depuis son départ d'Afrique, entièrement déroulée sous les cieux de la Louisiane et de ses bayous. Comme dit dans la chronique précédente, je me suis plus régalée avec ce morceau-là du récit.
Rythmé et dessiné avec application, comme toujours, on assiste effectivement à la fin d'une ère puisque cet album clôture la saga des passagers du vent. La vie d'Isa aura été riche de rebondissements divers et nous aura tenus en haleine pendant un quart de siècle. Belle performance.
Aucune déception pour moi dans ce bouquet final, les dessins m'ont comblé, l'histoire aussi, qui n'épargne pas l'héroïne attachante de FB et lui réserve un bon lot de souffrance et de bonheur aussi. Régal, régal.

Marion Godefroid-Richert


Autour de sa petite fille, Zabo, le récit de la vie d'Isa après son départ d'Afrique...suite et fin.

Alors comme mes petits camarades, j'ai plutôt aimé cette deuxième partie de récit. On est de nouveau emporté dans des aventures tout à la fois rocambolesques et romantiques et comme Isa on s'attache aux nombreux personnages qui émaillent son parcours.

Ceci dit, je suis assez déçue par le trait de Monsieur Bourgeon que j'ai connu (et adoré) plus fluide, léger, arrogant !

Mais ne boudons pas notre plaisir d'avoir pendant 30 ans savouré cette belle histoire et voyagé avec Isa du pont du "Foudroyant" aux marais Marangouins sans se lasser, jamais !

Alors moi aussi je dis "merci Monsieur Bourgeon".

Annecat


  

La petite fille Bois-Caïman

François BOURGEON

12 bis, 2009
Les passagers du vent T6
84 pages. 14 euros



En 1862, Zabou cherche à fuir la Nouvelle Orléans en pleine guerre de Sécession, après que la maison familiale ait été occupée par les nordistes. Elle cherche à rejoindre une famille dans les bayous. Elle croise la route de Quentin Coustans, photographe qui l'aidera à poursuivre sa route. Elle retrouvera Isa qui a près de 100 ans aujourd'hui.  

La série commencée en 1980, s'était arrêtée en 1984. Aussi, les fans ont-ils été en pleine crise lorsqu'ils ont aperçu, dans la devanture de leur libraire favori, la suite de la série mythique des Passagers du vent. Bourgeon c'est clair, c'est un des noms de la bd. Des dessins superbes, un scénario envoûtant, une documentation très complète, bref de ceux dont on se dit qu'on va passer un superbe moment à dévorer leur dernière livraison. Je me suis donc couché sur mon canapé, les souvenirs aux aguets de cette superbe saga que j'avais dévorée. Le nouvel album est publié chez 12bis, une maison d'édition créée en 2007.

Il faut le dire, j'ai été déçu par ce 1er livre de la suite des Passagers du vent. Le scénario est lourd, long et lent. On comprend bien qu'il y ait 80 années à raconter, mais le lecteur que je suis s'est rapidement embêté à l'évocation de ces souvenirs. La fin de l'album reprend un peu de pêche. Les dessins eux sont toujours superbes.

J'ai donc été déçu par ce nouvel album. Mais peut être avais-je mis la barre trop haut ?

On peut trouver quelques pages de la bd ici. Le dernier tome devrait sortir en janvier 2010. En espérant qu'il ne se contente pas de raconter le passé et qu'il adopte un rythme plus enlevé ?

Marc Suquet

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