L'île sans sourire

Enrique FERNANDEZ

Glénat, 2009
56 pages. 13 euros



Milander Dean, géologue, débarque à Yulkukany, l'île des pécheurs de baleines. Il y croise Elianor Mise Yukinde, autrement dit "merveilleux" dans la langue de l'île, une petite fille pleine d'optimisme et qui va chercher à chasser la tristesse du géologue.

Voilà une jolie fable, née d'une rencontre entre un adulte empreint de tristesse, très ours bourru qui porte le lourd fardeau de son histoire et une très jeune fille, pleine de vie, d'optimisme et de joie. Une rencontre qui débute dans la confrontation mais qui finira dans la joie retrouvée du géologue. Une vraie tentative pour apprivoiser le géologue, qui n'est pas sans rappeler les essais célèbres du petit prince auprès du renard, l'animal expliquant qu'on ne peut avoir des amis sans les apprivoiser, c'est à dire sans "créer des liens".

L'histoire est charmante sans être pour autant "fleur bleue". La description de l'amour, vu à travers les yeux d'un enfant, est tout à fait sensible et touchante (p. 15).
Le récit mélange histoire maritime et fantasy : l'île est peuplée notamment de Mama Kindi, une créature sans âge et mi-femme mi-limace, condamnée à vivre auprès des hommes. On voit se développer l'opposition entre Milander Dean, scientifique à l'esprit logique et le merveilleux porté par l'île et quotidiennement vécu par Elianor.

Le dessin est expressif, assez "sombrement" coloré à l'exception de la fin de l'album, soulignant le retour à la vie du géologue.

Enrique Fernandez est l'auteur d'une adaptation en 3 volumes du magicien d'Oz mais aussi d'une fresque de science fiction, La mère des victoires.

En temps de crise, un joli conte qui rafraîchit le quotidien morose des lecteurs.
On trouvera la bande annonce de la BD sur de nombreux sites, dont celui-ci.

Marc Suquet

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