La Lionne

Sol HESS, Laureline MATTIUSSI, Isabelle MERLET

Glénat, 2012
T. 1



Dans la Rome du Ier siècle avant JC, y a de l'orgie chez les notables. La Lionne, une courtisane fort courtisée, est louée pour une année à Publius le consul. Samuel, qui fréquente les bordels romains, se retrouve entre les bras de la Lionne.

Pour du cul il y a du cul dans cet album. Ça n'est pas un problème si c'est du bon. Hélas, ça n'est pas le cas : le scénario est très mince, le dessin froid et sans détails et le vocabulaire employé, bien sûr cru, mais artificiellement. Voilà donc un album qui, malgré son sujet potentiellement réjouissant, reste bien terne et ennuyeux. Dommage !

Marc Suquet


  

L'île au poulailler

Laureline MATTIUSSI

Glénat, 2009
Tome 1.
79 pages. 15 euros



Un bateau de pirates est détroussé par d'autres pirates, avec à la tête de ces derniers, horreur, une femme ! Le premier prend en chasse la deuxième qui lui a dérobé tous ses trésors.

Laureline Mattiussi est également l'auteur de Petites hontes enfantines, douze histoires évoquant des souvenirs pas toujours agréables de nos jeunes années. Née en 1978, Laureline Mattiussi a suivi l'enseignement de l'Ecole Supérieure de l'Image à Angoulême. Ce deuxième album est un "one shot", confiant au lecteur une histoire de pirates en bonne et due forme et en 80 pages. De quoi régaler l'amateur !
Le titre est publié chez Treize étrange, une maison d'édition fondée en 1994 et qui a rejoint le groupe Glénat depuis 2008.

Le scénario est prenant et rythmé, tel que l'on peut s'y attendre dans une histoire de pirates. Il est ponctué de personnages qui lui donnent du corps : ainsi la capitaine pirate à la tête des détrousseurs, amatrice de sexe sportif, dont le langage fleuri ne laisse guère place aux hésitations : "parce que quand je le suis pas (de bonne humeur), j'coupe les bijoux de famille des piratons de ton espèce et j'me les fais cuire" ! Une pirate aux liens de parenté évidents avec Ann Bonny et Mary Read, toutes deux embarquées à bord des bateaux de Jack Rackham.
On trouve également des surprises dans cet album, parmi lesquelles celle du poulailler, assez original dans une histoire de pirates et dont le lecteur comprendra le rôle en deuxième partie de l'album.

Le dessin est simple et dépouillé, sans grands détails mais les visages sont expressifs. Les couleurs d'Isabelle Merlet sont assez chaudes dans un ton mat.

Un bon album.

Marc Suquet


Un capitaine, corsaire de son état, son équipage et son navire. Ils volent un trône en or et une substentielle cargaison du précieux métal pour le rapporter à leurs commanditaires. Mais, et c'est la loi de la flibuste, se font à leur tour soustraire leur butin par une accorte et sensuelle capitaine pirate, rousse et gourmande des choses de la chair, au langage fleuri et à la langue aussi acérée que sa lame est affûtée. Par désir de revanche, le balafré se lance à la poursuite du trône et des charmes de la belle. Mal lui en prend. Il se fait doubler, et même tripler. Pour toute récompense il atterrit avec deux de ses comparses sur l'île aux poulets... tu parles d'une punition de pirate!

Tout est réjouissant dans cet album. Les couleurs, fort bien choisies, le graphisme, qui colle au récit, les péripéties, croquantes et goûteuses. L'auteur se régale en paroles et en aventures, et nous avec. Absurdes et truculents, féroces et rebelles, poétiques et triviaux, ses pirates sont des parangons de l'idéal qui nous berçait enfants, coureurs des mers, séducteurs des coeurs, pauvres à la poche flapie et riches de la ligne d'horizon infinie. On a hâte de voir comment le balafré va se sortir de son abattoir puant. Vivement le deuxième tome.

Marion Godefroid-Richert

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