Le nom du vent

Patrick ROTHFUSS

Bragelonne, 2009
648 pages. 28 euros



Amis fans de fantasy, je vous présente Kote, aubergiste de campagne à la chevelure de feu et aux yeux d'émeraude, Kote il est mais Kote il ne fut pas toujours, en fait avant de prendre sa retraite dans l'hotellerie Kote était Kvothe le légendaire guerrier terrible et magicien, vous me direz que le légendaire ne s'est pas trop fendu question pseudo, et je vous réponds que Kote et Kvothe ne se prononcent pas du tout pareil, et on s'en tape un peu !

Une conjonction d'événements étranges et une rencontre avec un écrivain itinérant vous amener Kote à raconter son histoire, que dis-je sa geste ! commencant malheureusement par le massacre de sa famille par une bande de chandrians dont on sait peu de choses sinon qu'ils sont humains sanguinaires ou démons féroces, nous suivont ensuite le jeune orphelin bien décidé à venger les siens mais conscient de sa faiblesse il fait le serment de devenir le plus grand des arcanistes ( un genre de magicien ) afin de terrasser les monstres qui lui ont ravi sa famille.
Nous suivons donc le jeune garçon à l'université dans la difficile initiation malgré ses dons évidents, les amitiés ( et inimitiés ) les amours,et comme disait le regretté Charles Aznavour : les emmerdes (ah bon il est vivant Charles, bon ben excuses !)

1er tome de la saga, Patrick Rothfuss installe tranquillement ses personnages, et il me tarde de lire la suite afin de savoir si Kvothe va enfin péter la gueule de ces fumures de chandrians !

Un bon cru en somme, allez-y de ma part !

Gaëlle


Qu'il est agréable de tomber sur un vrai exemple d'utilisation intelligente des codes classiques d'un genre prédéfini ! Pour la fantasy, l'apprentissage d'un jeune héros surnaturellement doué et victime d'un sort funeste pour accomplir une juste vengeance est une sorte de schéma de base. Après, tout ce qui fait l'intérêt d'un roman réside dans le style, les rebondissements, l'empathie éprouvée envers les personnages principaux. On est ici gâtés. Le jeune Kvothe et son double plus mûr Kote constituent l'alpha et l'oméga d'une histoire qui démarre sous les meilleurs auspices. Les deux âges de ce même individu le placent d'emblée dans une perspective qui captive le lecteur. On s'interroge fébrilement sur ce qui a bien pu se passer pour faire dévier la route de cet apprenti magicien qui semble toute tracée vers la gloire et la maîtrise de grands pouvoirs et finit pourtant dans un trou paumé au coeur d'une auberge déserte. Le bougre est d'ailleurs outrageusement bien doté par la bonne mère nature et accessoirement par son créateur. Non content de montrer des prédispositions hors du commun pour les études et l'arcanisme, il est également exceptionnellement talentueux avec un luth et chante divinement (remarquez, il ne manque plus qu'il réussisse les pâtes à la perfection et qu'il sorte les poubelles pour qu'on en fasse une jeune fille bonne à marier). Trêve de plaisanterie, PR sait se jouer des redondances et autres longueurs. Ce premier tome des aventures de son tueur de roi est très réussi et on en redemande.

Marion Godefroid-Richert

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