La mémoire dans les poches

Etienne LE ROUX

Futuropolis, 2009
Tome 2
69 pages. 15 euros



Sidoine Letignal est parti depuis trois années. Son fils Laurent assiste impuissant à la dépression de sa mère. Laurent, devenu un auteur reconnu, se déplace en Algérie pour retrouver la trace de Sidoine.

Comme le tome 1, voilà un travail proche des hommes et plein d'humanité. Par petites touches successives on apprend l'histoire et le caractère des personnages. Y compris par des incursions dans le passé, comme lorsque la mère de Laurent dépeint sa rencontre avec son futur mari. J'aime la délicatesse du personnage principal : en possession des papiers qui vont permettre à Malika de revenir en France, il charge un détective privé de les lui donner, restant lui même à l'écart afin que Malika n'oublie pas le rôle de Sidoine vis à vis d'elle-même.

Le suspense est maintenu : pourquoi donc Sidoine s'est volatilisé  et quel rôle a-t-il joué vis à vis de l'enfant ?

La politique est évoquée dès la première scène au cours de laquelle Malika révèle les raisons de son arrivée en France, tout en étant raillée de façon agressive par deux militants islamistes.

Le dessin d'Etienne Le Roux est chaleureux, exprimant bien les expressions des personnages et particulièrement la prostration de Sidoine qui perd totalement la boule lors de son voyage en Algérie.

J'ai donc aimé ce deuxième tome comme j'ai aimé le précédent : pour son histoire, son humanité et le dessin qui illustre bien le tout.

Bon, Luc on a attendu 3 ans entre les deux tomes. Maintenant qu'on est accros, faudrait voir à pas nous faire trop mariner ! Paraît que le tome 3 est prévu pour 2010 : au boulot !

Marc Suquet


  

La mémoire dans les poches

Etienne LE ROUX

Futuropolis, 2006
Tome 1.
87 pages. 15 euros



Laurent Letignal anime des cours de français destinés aux sans papiers. Voulant aider l'une de ses élèves, Malika, une jeune algérienne, il se retrouve entraîné dans une histoire complexe dans laquelle il découvre la véritable personnalité de ses parents.

L'histoire est racontée par la bouche du père de Laurent, Sidoine. Il explique, par retours successifs, comment une famille unie, dont l'image dans la cité est positive, éclatera à la suite de la rencontre de Laurent, le fils, et de la réaction de ses parents à cette rencontre. J'ai aimé et tout d'abord pour les personnages : la mère qui protège un peu beaucoup son fils et dont la réaction provoquera la dislocation de la famille, le père effacé et sans grand courage mais qui sauvera pourtant le bébé, victime de cette histoire. Malgré ses hésitations, le lecteur finit par s'attacher au personnage de Sidoine.

Le passé est également présent dans cet album, celui de Sidoine, enfant durant la guerre, et qui vient s'intercaler dans l'aventure actuelle du papé.

Luc Brunschwig dévoile ses personnages progressivement avec leurs contradictions comme celle de la mère, bien intégrée puisqu'elle a élevé de nombreux gamins de la cité mais qui n'hésitera pas à renvoyer sèchement Malika par peur que son fils s'y attache. Le lecteur quant à lui est un peu perdu au tout début de l'album par ce grand père promenant un bébé dans ses bras et suffisamment inquiet pour demander à une femme allaitant son propre bébé de nourrir son protégé. Mais il rentre progressivement dans cette chronique familiale en découvrant les différents caractères et intégrant l'histoire.

Les couleurs de l'album sont à dominante assez pâle, mais illustrent bien la tristesse générale. Il y a de vraies "tronches" bien rendues par Etienne Le Roux, dont celles des convives du café. Les expressions de Sidoine sont efficacement peintes.

Un bon album, donc,  fait d'humanité, d'observations et d'une bonne histoire.

Marc Suquet

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