Minus

RICA

Drugstore, 2012



Minus est un vrai branleur : fait pas grand-chose dans son boulot mais par contre l'est titillé par sa bistouquette, le gars, là ! Toutes les filles au taf sont des proies. Sauf Virginie : celle-là, elle a un ticket pour Minus. Mais lui a un peu peur que le ticket se transforme en gentille vie de famille, avec enfants et pavillon de banlieue inclus !

Ca démarre cru : on a rarement en BD des scènes de branlette. Et question sexe, Minus, c'est plutôt l'obsédé : le gars à mater toutes les nanas dans le bus, à se faire toutes ses collègues de boulot et à utiliser la photocopieuse de façon assez peu conventionnelle. C'est en même temps un gros con, capable de se faire Jeanne pour compléter son tableau de chasse, sans être capable de l'appeler autrement que Crétinette. Ou encore, ignorant tellement ses collègues qu'après deux ans passés en leur compagnie, il est totalement incapable de se souvenir de leurs prénoms. Y a-t-il autre chose dans la vie de Minus que son nombril et la satisfaction de sa libido ? Son entourage, il s'en fiche un peu, sauf de la plastique féminine. Le personnage n'est bien sûr guère attirant, mais pas non plus très intéressant.

Le dessin en noir et blanc accroît la lourdeur de l'ambiance et la descente de Minus vers le cocktail infernal sexe et alcool. Une impression assez mitigée donc : la description très intimiste d'une personnalité insupportable mais en même temps le peu d'intérêt pour ce genre d'artiste. Mais je n'avais guère aimé non plus E dans l'eau du même auteur.

Marc Suquet


  

E dans l'eau

OZANAM, RICA

Drugstore, 2009
97 pages. 15 euros



Pas de bol pour Neil : sa femme a un amant et sa fille fréquente des potes un peu zarbi. Il décide de prendre quelques vacances pour se reposer de son métier de flic. Mais dans la petite ville de province dans laquelle il est parti prendre l'air, un meurtre le replonge malgré lui dans ses enquêtes policières.

Le moins que l'on puisse dire c'est que l'album oublie quelque peu les vainqueurs : l'histoire est un catalogue de loosers, paumés, déjantés, dépressifs et autres. Pas gai gai et le ton du dessin essentiellement sombre, voir franchement noir, n'incite guère à la gaudriole. Le crayon est expressif et intense. Il manque parfois un peu de détails.

L'histoire est racontée suivant plusieurs points de vue différents. Et bien sûr pour les amateurs du genre, on renifle ici l'influence de Tarantino et ses histoires de petits malfrats de L.A. vues à travers divers regards. Mais le scénario est parfois un peu confus et je me suis senti un peu perdu dans ces visions successives.

Voilà un album qui ne laisse pas indifférent : y a du caractère et du style. Du fou meurtrier au boulimique angoissé, on est dans le glauque. Aussi, si l'on aime ce type d'ambiance on accrochera peut être. Ça n'est pas mon cas. Je n'ai pas aimé cet album désespérant et dans le scénario duquel j'ai eu bien du mal à entrer.

Marc Suquet

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