Le Coup du cavalier

Walter Jon WILLIAMS

L'Atalante, 2010



L'humanité s'ennuie et ce par la faute d'un seul homme : Doran Falkner. Grâce à l'aide d'un extra-terrestre loufoque, il a apporté à l'humanité une source d'énergie illimitée et la quasi immortalité. Les défis à relever à présent semblent tous triviaux et même si les humains ont essaimé dans les étoiles, c'est au mieux l'apathie et au pire la folie qui les guette.
Doran n'échappe pas à la règle même s'il essaie de trouver une solution pour revitaliser l'espèce. Cette solution lui sera peut-être fournie sur un plateau par la découverte sur une planète lointaine d'une espèce animale dotée du don de téléportation, prouesse encore impossible du point de vue de la science humaine.

Ce n'est pas du tout un roman de hard science. La téléportation, son étude et ses conséquences sont presque anecdotiques.
L'histoire que nous raconte Walter Jon Williams n'est là que pour mener une réflexion sur la vie et la société dans un monde où le travail n'a plus de sens et ou la longévité change la notion de famille.
Attention, ce n'est pas une critique, c'est un livre intéressant et bien mené, mais la quatrième de couverture m'avait fait miroiter autre chose et j'ai été surpris à la lecture. Une très bonne surprise au final pour un livre très réussi.

Benoit Furet


  

Ceci n'est pas un jeu

Walter Jon WILLIAMS

L'Atalante, 2010
416 pages. 21 euros



Ceci n'est pas une chronique

Quatre étudiants de Caltech (California Institute of Technology) forment un petit groupe soudé par leur goût commun pour les jeux de rôles.Lorsque le roman commence, des années se sont écoulées depuis la fac.
Dagmar, le personnage principal et seule femme du groupe, est conceptrice de jeux multimedia ou ARG (Alternate Reality Game). Le principe de ces jeux est de mêler le virtuel et le réel, pour les initiés on pourrait parler de jeux de rôles grandeur nature dont la trame et les rebondissements seraient gérés dans le monde virtuel par le biais de sites dédiés, de forums et de listes de diffusion.
Charlie est son patron, en quittant la fac, il a créé une société de création de logiciels avec Boris pour exploiter le filon des agents autonomes, petits logiciels capables de s'adapter dans une certaine mesure à leur environnement pour réaliser leur tâche (comme par exemple jouer en bourse). Alors que leur startup vacillait, au bord de la faillite, les deux amis se sont déchirés et Charlie est resté seul aux commandes de la société qui a depuis prospérée jusqu'à faire de lui un multi-millionnaire.
Les choses sont allées de mal en pis pour Boris et il vivote en cumulant un boulot d'assistance téléphonique pour les utilisateurs d'ordinateurs et du farming dans les jeux en ligne (des joueurs nantis payent des intermédiaires pour s'occuper de leur personnage et le faire progresser dans le jeu).
Le dernier personnage du quatuor, Austin, a quant à lui prospéré dans le capital-risque et dispose comme Charlie d'une fortune confortable.

A l'issue du dernier jeu en date, Dagmar se retrouve bloquée à Jakarta alors que l'économie du pays s'effondre brutalement et que la ville sombre dans la guerre civile. Les professionnels de l'exfiltration embauchés par son patron pour la sortir de ce mauvais pas n'arrivent à rien et c'est finalement en faisant appel à la communauté de joueurs qu'elle pourra échapper au chaos.
De retour à Los Angeles, elle se met à plancher sur un nouveau jeu lorsque l'un des membres du quatuor est assassiné.
Dagmar décide d'intégrer l'assassinat de son ami au jeu pour bénéficier de l'aide des millions de joueurs dans l'arrestation du meurtrier et ce qui était un simple jeu devient bien plus que cela. Les autres membres du groupe se sentent petit à petit menacés eux aussi tandis que l'économie mondiale connaît une multitude de crises inexpliquées qui laissent exsangues des pays entiers.

Il est très difficile de lâcher le livre en cours de route, j'ai terminé les 400 pages en moins d'une journée.
En plus de la ligne d'action principale où l'on suit Dagmar, l'action progresse par les échanges des joueurs sur les forums de discussion, retranscrits comme on pourrait les lire en ligne sans que cela ne nuise à la lisibilité du roman.
Le point négatif est que l'on se doute assez vite de l'identité du méchant mais c'est néanmoins un très bon bouquin même si je peine à le classer dans une catégorie littéraire particulière.

Benoit Furet


  

Avaleur de mondes

Walter Jon WILLIAMS

L'Atalante, 2009
416 pages. 17 euros



Ca commence comme un bouquin de fantasy avant de tourner à la science-fiction à base d'univers de poche gérés par des intelligences artificelles avec un super méchant qui essaie d'asservir toute l'humanité.
Le début est franchement décevant, de la fantasy de base avec un héros qui est une vraie caricature, à qui tout réussit et qui se joue des difficultés en prenant en plus le temps de faire le joli coeur et de séduire les femmes qui passent par là.
Lorsque l'on change d'univers, quittant le monde fantastique pour celui des super intelligences artificelles et de la haute technologie, le décor et l'intrigue deviennent un peu plus intéressants mais le héros ne perd malheureusement rien de sa supériorité même s'il va devoir faire face à quelques déboires.
Ca se lit vite, très vite, c'est distrayant mais c'est quand même largement en-dessous du niveau habituel de la production de Walter Jon Williams, à réserver aux inconditionnels de Perry Rhodan ;-)

Benoit Furet

partager sur facebook :